•  

    J'ouvre un œil, le radioréveil indique 01:50.

    La chambre est éclairée par une vive source lumineuse provenant de l'extérieur.

    Mais ce n'est pas ce qui m'a tiré de mon sommeil.

    J'ai l'impression d'entendre, un millier de fois amplifié, le rugissement d'un monstre.

    Mais visiblement , il n'y a que moi que cela empêche de dormir .

    Jean Michel dort comme un bébé et Ronan aussi…

    Eux,  au moins, ils récupèrent des trois soirs de concerts de la Fête du Bruit de Landerneau (29).

    Tandis que moi , je crois bien qu'après la Fête du Bruit je rempile avec la Nuit du Bruit…

     

    Le monstre en question est une moissonneuse qui fait son show dans le champ voisin situé en face de ma maison.

    Je sais que j'en ai au moins pour une heure, peut-être même plus.

    Et pourquoi ne pas assister au spectacle ?

    J'attrape ma robe de chambre, descends l'escalier et ouvre la porte d'entrée.

    Un pas de plus….et je me retrouve en plein champ, mais pas celui du voisin devant chez moi.

    En plein champ et en pleine journée, c'est l'été, il fait beau, il fait chaud, les oiseaux chantent…

     

    "Je t'attends depuis un bout de temps !"

    Surprise, je fais volte-face. 

    Je découvre, assis sous un pommier , un homme d'une cinquantaine d'années.

    Posée prés de lui, son outil de travail , une faux, attend que son propriétaire achève de déjeuner.

    Avec un grand sourire, il m'offre une pomme qu'il vient de peler.

    Je m'installe près de lui.

     

    Pas besoin de lui demander son identité. 

    Je croque une pomme en compagnie de Jean Marie LE BERRE, le sosa 34 de mon fils Ronan.

    Il est né le 17 août 1826 à Ploëzal de Jean Marie LE BERRE et de Françoise LE BERRE. 

     

    Nous profitons du temps de dégustation des pommes pour nous observer.

    Puis je me lance :

     

    "Comment savais-tu que je viendrais ?

    Je t'ai vu en rêve...... plusieurs fois. Tu cherchais des réponses.

    - Tu n'as pas peur de moi ?

    - Non, j'ai de quoi me défendre me fait-il en désignant sa faux, tu n'as pas l'air très dangereuse et je sais que tu fais partie du futur de ma famille.

    Nous sommes en quelle année ?

    - En 1882, le 14 août 1882. Le président de notre IIIème  République est Jules GREVY, d'ailleurs demain le 15 c'est son anniversaire, il aura 74 ans. Mais je ne pense pas que ce soit la vie du président qui t'intéresse…..pose tes questions.... .

    - Mon fils Ronan descend de ton union avec Marie CAMUS, ta première épouse. Mais ton deuxième mariage avec Marie Perrine CAMUS  a perturbé pendant quelques temps mes recherches. J'ai mis un peu de temps a réaliser qu'il s'agissait de deux femmes différentes.

    - Deux femmes admirables, mes deux Marie.  Marie Perrine a élevé ma petite Marie et mon petit François comme si elle était leur mère. Et la naissance de notre Sylvain n'a rien modifié.  La perte de François, l'année passée, l'a plongée dans un très grand chagrin. Sur mes 6 enfants , seuls Marie et Sylvain sont en vie aujourd'hui.

    - Mon mari et mon fils font partie des descendants de Marie mais je sais que Sylvain a également une descendance.

    -J'en suis heureux et surtout tellement fier, tu me réconfortes vraiment beaucoup  me dit Jean Marie, les larmes aux yeux.

    - Revenons à tes deux épouses, j'ai été très surprise de te voir épouser deux femmes portant le même nom de famille.

    - Pourquoi ? Jean Marie semble surpris que je sois surprise….puis je le vois sourire et …se mettre franchement à rire………Toi , tu ne sais pas qui est Marie Perrine….

    - Pas la sœur de Marie en tout cas ! lui répondis-je un peu vexée.

    - Non pas sa sœur, tu as raison Marielle,  mais elle est sa nièce…

     

    Les bras m'en tombent, je ne l'ai pas vu venir celle-là, et moi qui ai écrit que je n'avais pas trouvé de lien de parenté entre elles. 

     

    - Marie Perrine est la fille de Guillaume CAMUS, le frère de Marie, ma première épouse. Je suis donc devenu le gendre de mon beau-père et le beau-frère de mes neveux et nièces.  Bon, j'arrête de te taquiner mais….finalement, je suis assez content du tour que je t'ai joué….dommage que tu ne puisses voir ta tête Marielle !

     

    RDV Ancestral avec Jean Marie LE BERRE de Ploëzal

    Il m'a bien eu le Jean Marie, et cela le fait rire et de plus en plus encore…..et moi aussi je me laisse gagner par une furieuse envie de rire, de rire mais de rire…..

    Au bout de dix minutes, après nous être calmés, je réalise que l'heure de quitter Jean Marie arrive.

    Jean Marie, lui, doit rejoindre d'autres journaliers pour la moisson.

     

    Avant de nous séparer, il me glisse à l'oreille :

    "Tu as maintenant une feuille de route pour tes recherches , je te conseille de ne jamais négliger les liens entre les familles, la famille CAMUS a encore beaucoup à t'apprendre, et tu as aussi encore pas mal à faire du côté des LE BERRE." 

     

    Il a à peine fini sa phrase que de nouveau je me réveille.

    Jean Michel, en bas dans la cuisine, m'interpelle :

    "Viens voir Marielle, le champ en face a été moissonné cette nuit ! Je n'ai rien entendu et toi ? "

     

    Avec étonnement, je me retrouve dans mon lit, bien emmitouflée dans ma robe de chambre.

    Dans une des poches, je découvre un trognon de pomme et la carte téléphonique que m'a laissée RALG à la fin du Challenge AZ.

    Pas difficile de comprendre de quelle façon j'ai rencontré Jean Marie LE BERRE.

    Il est temps de me lever, la reconstitution de la famille CAMUS sera la priorité de la journée.

    J'ai du pain sur la planche comme dirait ma mère ………….et j'adore cela….

     

    Marielle BATHANY-LE GOFF 

     


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  • Le champignon Z nous attend, c'est la vingt-sixième lettre de l'alphabet et elle sonne la fin de cet extraordinaire voyage que je viens de vivre en compagnie de Ralg.

    La cabine nous dépose dans le Finistère, à Guiclan, nous pénétrons dans une grande et belle demeure.

    Un couple de personnes âgées, se tient dans la cuisine.

    La femme épluche des pommes afin de préparer une tarte. L'homme est plongé dans la lecture de son journal. Un chat sommeille sur une chaise, un chien dort sous la table.

    La maison est calme aujourd'hui.

    C'était loin d'être le cas lundi dernier, la maison était pleine à craquer, entre la famille, les amis et les voisins, ils étaient une bonne centaine.

    Des tables étaient installées dans presque toutes les pièces, les domestiques engagés pour l'occasion couraient dans tous les sens.

    Le repas préparé par les cuisinières avait été une vraie réussite. Les invités se sont régalés.

    Marie Yvonne a apprécié le joli discours de Monsieur le Recteur au cours de la messe. 

    Marie Yvonne constate que finalement, elle a beaucoup plus apprécié ses noces d'or que son mariage il y a 50 ans.

    C'est vrai aussi qu'il y a 50 ans, elle ne pensait qu'à sa nuit de noces.....comme François d'ailleurs.

    Il le lui a avoué il y a seulement quelques jours.

    Ils ont bien ri, comme quoi au bout de 50 ans de mariage, on peut se surprendre encore.     

    François Marie MENEZ et Marie Yvonne BRETON se sont mariés à Guiclan le 1er février 1847.

    François est le fils de Claude MENEZ et de Marie Jeanne MOGUEROU.

    Marie Yvonne est la fille de Yves BRETON et de Marie Jeanne PENCREACH.

    Leurs parents étaient meuniers.

    François reprendra le moulin des parents de Marie Yvonne à Kersauzon en Guiclan.

    Ensemble ils auront sept enfants, six garçons et une fille.

    François est un homme reconnu dans sa communauté, il est membre du Conseil de Fabrique ainsi que membre du Conseil municipal.  

    François vient d'attirer l'attention de son épouse sur un article du journal.

    Il épluche consciencieusement les articles d'une publication qu'il apprécie énormément.

    C'est un journal catholique paraissant trois fois par semaine qui a ses faveurs, 'L'Etoile de"la Mer".

    - Viens voir Marie, on parle de nous dans le journal !  

    Marie s'empare d'une paire de ciseaux, elle compte découper l'article et le glisser dans son missel afin de le conserver. 

    Nous sommes le 25 février 1897, François et Marie Yvonne sont mariés depuis cinquante ans. 

    Z comme une Z'étoile pour les MéneZ

    Z comme une Z'étoile pour les MéneZ

     Le 20 janvier 1900, Marie Yvonne va quitter son François, elle a 74 ans. 

    François va lui survivre 13 années, il ne la rejoindra que le 14 avril 1913, il a 88 ans.

    Nous quittons la maison des Menez discrètement.

    Pour moi, il est temps de rentrer à la maison.

    Ralg me ramène chez moi à Pen-Bizien en 2017.

    Nous avons tant de choses à nous dire.

    - Je crois que je n'ai pas envie de te voir partir Ralg ! 

    - Je le sais, Marielle, mais je dois y aller, ma vie n'est pas ici, je dois retourner dans les années 2250.Tu as maintenant de quoi écrire 26 billets pour le challenge AZ.

    Tu dois écrire, tu as des lecteurs dans le présent mais aussi dans le futur.

    Tous les autres participants du Challenge AZ ont également des lecteurs dans le futur, ils doivent écrire pour nous plus tard.

    Il restera toujours des traces de vos écrits.

    Alors n'hésitez pas !  écrivez !

    Je compte sur toi pour passer ce message

     Je vais te laisser cet objet, Ralg me glisse dans la main une carte.

    Il suffit de te concentrer sur une personne et sur une date.

    Je ne t'ai pas tout à fait dit la vérité, nous avons la possibilité d'être vu par les gens du passé, c'est juste une question de volonté .

    Partir à la rencontre de ses ancêtres, c'est possible !  Tu vas pouvoir écrire pour le #RDVancestral .

    Je suis surprise Et le risque de modifier le passé ? 

    - Pour les généalogistes il est infime Marielle, nous aimons trop le passé pour le modifier et donc le détruire. Je dois partir maintenant Marielle...

    - Tu ne m'as même pas donné ton nom de famille Ralg !

    - Mon prénom est formé des initiales d'un de mes ancêtres, c'est à la mode dans le futur.

    - C'est  amusant car moi aussi j'ai un dossier RALG dans mon ordinateur, je viens de prononcer ces mots quand enfin la lumière se fait dans mon esprit. Ce regard, ces yeux bleus, se sont ceux de Jean Michel et mon dossier RALG, les initiales de mon fils, Ronan Axel Le Goff.

    Ralg, les larmes aux yeux, vient de me prendre dans ses bras.

    - Tu as compris qui j'étais, nous partageons la même passion, continue à écrire pour moi grand-mère ! Adieu, non je préfère te dire au revoir.

     

    Maman ! Marielle ! Maman ! Marielle ! on me secoue comme un prunier. Les footeux viennent de rentrer. EAG vient de gagner  !

    -Tu t'es endormie sur le canapé Maman, tu es certaine que tu vas bien ? Papa tu trouves pas qu'elle à l'air bizarre maman ce soir ? Tu tiens quoi dans la main, oh une vieille carte téléphonique.....

    Z comme une Z'étoile pour les MéneZ

    Je suis allée me coucher, je ne sais plus quoi penser. J'ai encore en tête le voyage que je viens d'effectuer. Demain sera un autre jour et j'y verrai plus clair. Enfin, je l'espère !

    Le lendemain matin, je me moque de moi-même, j'ai vraiment confondu le rêve et la réalité.

    Sophie et Brigitte vont bien rire quand elles vont savoir dans quel état me met le Challenge AZ .

    Jean Michel et Ronan sont déjà levés, c'est vrai que Jean Michel projetait de tondre la pelouse ce matin.

    Tiens c'est bizarre, j'entends râler au dehors ! 

    - Mais c'est pas possible, qui a touché à ma pelouse ? Hier soir il n'y avait rien, viens voir Ronan !   

    Moi aussi je me précipite sur la terrasse, et je comprends que Jean Michel ne soit pas content.

    La pelouse porte la trace d'un gros cube qui devait être sacrément lourd.    

    Et tout à coup, je me mets à rire, rire, rire et pour finir je pleure, je pleure, je pleure de joie.

    Je laisse Jean Michel au chevet de sa pelouse, moi j'ai 26 billets à écrire.

    Il est temps que je m'y mette, le lecteur du futur compte sur moi !

    Mais avant, je mets en lieu sûr une certaine carte téléphonique, je viens de comprendre à quoi elle doit servir.  

    ******************

    Claude MENEZ et de Marie Jeanne MOGUEROU sont les sosas 188 et 189 de Ronan.

    François Marie MENEZ est le frère de Paul MENEZ le sosa 94 de Ronan.

     

    Marielle BATHANY - LE GOFF  

     

        

      

     


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  • C'est notre avant dernier voyage ensemble.

    Je crois bien que je n'ai pas envie que cela s'arrête mais tout a une fin...

    RALG vient de m'annoncer que le Y va me permettre d'assister au mariage que j'ai cherché pendant des années.

    Celui de Yves LE GOFFIC et de Catherine LE GOFF.

    Mon nom de famille devrait être LE GOFFIC, mais les lettres IC se sont perdues lors de l'établissement des actes de naissances des petits enfants d'Yves et de Catherine.

    La confusion du nom vient certainement de la transcription du nom prononcé en breton et écrit à la française. En effet LE GOFFIC est le diminutif de LE GOFF.

    Et le fait que le nom de famille de Catherine soit LE GOFF a peut être ajouté encore plus de confusion.

    Le champignon Y nous dépose à Tréguier (22), devant le temple destiné à la réunion des citoyens .

    Il est 10 du matin, le 30 prairial an huit de la République c'est à dire le 19 juin 1800.

    Les futurs mariés sont arrivés de Langoat, leur lieu de résidence, accompagnés de leurs témoins et de leurs familles.

    Yves LE GOFFIC est âgé de 24 ans, est né à Quemperven le 11 juillet 1776.

    Ses parents sont Jean LE GOFFIC et Françoise ARZUL.

    Sa fiancée Catherine est plus âgée que lui, elle a 31 ans. Elle est née le 13 février 1769 à Berhet (22).

    Elle est la fille de Pierre LE GOFF et de Louise LE MEUR.

    Catherine est heureuse d'être enfin une femme mariée, elle se voyait déjà vieille fille ! Toutes ses amies sont mariées depuis belle lurette et sont déjà mères de famille.

    En plus, son mari est plus jeune qu'elle, elle sait que certaines de ses amies en sont vertes de jalousie !

    Les parents de Catherine sont également très heureux de ce mariage. Eux connaissent le caractère de leur fille. Son fichu caractère a fait fuir plus d'un futur prétendant. La demande d'Yves LE GOFFIC , ils ne l'espéraient plus !  

    Les amis d'Yves ont été drôlement surpris lorsqu'il leur a annoncé qu'il avait demandé Catherine en mariage. C'est vrai qu'elle est jolie femme mais 31 ans, c'est vieux ! En plus, le caractère de la belle est bien connu dans la région de Langoat.

    Yves a toujours aimé les difficultés mais là il risque d'être servi ! 

    Certains se sont même demandé si les amoureux n'avaient pas mis la charrue avant les bœufs, ce qui aurait eu pour conséquence de précipiter le mariage.

    Les voisines auront beau guetter certains signes, elles en seront pour leurs frais.

    Une petite Jeanne Yvonne naîtra le 20 mai 1801.

    Plus de 9 mois après le mariage, cela fera taire les commérages.

    La petite Jeanne Yvonne sera bientôt suivie de 2 soeurs et de 2 frères.

     

     

    Y comme Yves LE GOFFIC

     

    (source AD22 : acte de mariage de Yves LE GOFFIC et de Catherine LE GOFF)

    Le 7 octobre 1827, Catherine décède à Berhet, elle a 57 ans. Yves est veuf.

    Le 2 février 1831, après un peu plus de trois ans de veuvage, Yves convole de nouveau.

    La fiancée s'appelle également Catherine et elle a 27 ans ! Yves en a 54.

    Cette fois-ci c'est ses amis qui l'envient ....

    **************

    Yves LE GOFFIC et Catherine LE GOFF sont les sosas 192 et 193 de Ronan (côté maternel)

     

    Marielle BATHANY- LE GOFF

     


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  • Alors Marielle, pas trop fatiguée ? Prête pour le X ?  s'inquiète RALG lors de notre retour dans la cabine.

    Non je me me sens pas fatiguée physiquement. 

    Je me sens différente, différente de celle que j'étais ce matin, plus riche aussi, plus riche émotionnellement. 

    Je sais que demain, c'est un autre regard que je vais porter sur mes proches...

    Oh oui ! je suis prête pour le X, comme je suis prête pour le Y et le Z.

    Mais chaque chose en son temps, c'est l'heure du X, je presse le champignon et la cabine s’élève, emportée vers le passage spacio-temporel.

    Nous sommes à Saint Norvez (22) début juin 1787, la famille OMNES s'apprête à passer à table.

    La jeune fille de la maison, Marie-Laurence, 16 ans depuis mai dernier, vient de disposer les couverts.

    Philippe, le père est fatigué de sa journée, fatigué mais content. Il est cordonnier et le travail ne manque pas en ce moment.

    Marguerite LE CORRE la mère éteint sous la soupe, il faut la faire refroidir un peu. Les enfants sont installés à table.

    La famille, comme chaque soir, va pouvoir faire honneur au repas préparé par la maîtresse de maison et sa fille aînée.  

    Quand tout à coup quelqu'un frappe à la porte.  

    La famille est surprise, ils n'attendent personne ce soir. 

    Marie-Laurence, sur un signe de son père, se lève et va ouvrir la porte.

    Elle est surprise de découvrir sur le pas de la porte un François LIORZOU sur son trente-et-un.

    François LIORZOU est cordonnier comme son père.

    D'ailleurs les deux hommes se connaissent bien.

    Il vient certainement parler travail avec son père.

    L'affaire doit être urgente pour qu'il choisisse l'heure du repas pour venir lui rendre visite.

    - Bien le bonsoir, Marie Laurence, je souhaite m'entretenir avec ton père. 

    Sans prononcer une parole, la jeune fille fait pénétrer le visiteur dans la pièce principale. La famille s'est levée de table afin de l'accueillir.

    Marguerite se dispose déjà à lui proposer de partager leur repas.

    - Bonsoir Philippe, bonsoir Marguerite, bonsoir les enfants, François LIORZOU, ne semble pas très à l'aise, visiblement intimidé.

    - Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, Philippe, j'ai l'honneur aujourd'hui de venir te demander la main de Marie Laurence, ta fille.     

    Maintenant que c'est dit, François est beaucoup plus soulagé.

    Philippe et Marguerite sont surpris par la demande ou font semblant de l'être.

    Marie Laurence n'a que 16 ans et François en a 30.

    Philippe se dit quand même qu'un cordonnier comme lui serait un bon parti pour sa fille. 

    Et Marie Laurence dans tout ça ?

    Tous les regards se sont braqués sur elle.

    Je l'observe,moi aussi, elle semble bien surprise, mais également assez fière d'avoir suscité un tel intérêt.

    Philippe et Marguerite doivent réfléchir à la proposition, la réponse sera donc un peu différée.

    En attendant, ils invitent François à leur table, le plaçant déjà près celle qu'il espère pour fiancée.

    La réponse n'est pas encore donnée, pourtant je sais déjà que François et Marie Laurence vont se marier le 20 novembre prochain à Saint-Norvez (22).

    X comme mariage : la demande

    Ils auront sept enfants et résideront à Bégard (22).   

    Je quitte cette famille, en m'attardant sur cette jeune fille de 16 ans qui avant la fin de l'année sera une femme mariée. Je me demande si ce mariage n'est pas un peu, pour ne pas dire beaucoup, arrangé par la famille.

    J'espère que Marie Laurence aura été heureuse....

    ***********

    François LIORZOU et Marie Laurence sont les sosas 348 et 349 de Ronan.

    Philippe OMNES et Marguerite LE CORRE, les sosas 698 et 699.

     

    Marielle BATHANY - LE GOFF  


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  • Le champignon W nous a déposé chez Yves Marie LOZAHIC et Françoise RICHARD. 

    Ce soir, c'est au tour de la famille LOZAHIC de recevoir les amis et les voisins pour la traditionnelle veillée.

    Nous sommes samedi soir, il fait déjà nuit noire dehors.

    Les pâtisseries confectionnées par Françoise, la maîtresse de maison, embaument la pièce principale.

    Ce soir, ils sont bien une quinzaine de personnes rassemblées pour la veillée.

    Les enfants de la maison sont particulièrement heureux car Jeanne PIERRES leur grand-mère est présente. Et avec mémé, c'est bien connu, on ne s'ennuie jamais.

    Elle sait drôlement bien raconter les histoires Mémé Jeanne !

    Les voisins et les amis ne se sont pas fait prier pour venir, ils connaissent tous ses talents de conteuse.

    Les adultes ont tous trouvé de quoi s’asseoir, les enfants se sont tous nichés dans le lit-clos.

    Mémé Jeanne s'est installée au chaud près de la cheminée. Elle n'est plus aussi vaillante qu'avant. Françoise, sa fille, la trouve plus fatiguée que d'habitude.

    Jeanne est née le 9 août 1791 à Brélidy (22). Elle a donc aujourd'hui 74 ans. Nous sommes début novembre 1865.  

    Jeanne est la fille de Jean PIERRES et de Marie Joseph LE SQUERN.

    Le 24 octobre 1811, à Plouëc, elle épouse Yves Marie RICHARD. Ils auront six enfants.

    Yves Marie décède le 7 décembre 1844. Le 9 novembre 1849 Jeanne va épouser en secondes noces Jacques BERROCHE à Plouëc. Elle sera de nouveau veuve en 1854. Depuis plusieurs années, elle demeure à Coatascorn (22). 

    Elle est très heureuse de passer quelques jours chez sa fille Françoise. Elle adore s'occuper de ses petits-enfants.

    Ce soir, Jeanne est la vedette de la soirée. Petits et grands attendent le début de l'histoire.

    W comme diWalit bugale !

    -"diwalit bugale !" commence Jeanne, attention les enfants ! Ecoutez bien mon histoire, je dois vous mettre en garde !

    Si vous entendez le galop d'un cheval  en pleine nuit, ne vous précipitez pas dehors !

     Car ce cheval ne s'est pas échappé, oh que non ! il tire la charrette de l'Ankou.

    L'Ankou guide le cheval mais il a deux aides, un tient la bride du canasson et un autre ouvre les barrières et les portes des maisons afin de faire le passage à l'Ankou .

    L'Ankou vient chercher celui ou celle qui sera bientôt mort...et on dit que les futurs morts entendent ce satané cheval avant de trépasser.....

    Les petits-enfants de Jeanne n'en mènent pas large.

    Jean Louis, 11 ans, François Marie, 9 ans et Marie Anne, 5 ans se cachent sous les draps du lit-clos. Il n'y a que la petite de 3 ans Françoise qui ne semble pas effrayée.

    Les enfants des voisins également boivent, en tremblant, les paroles de la mémé des petits LOZAHIC.

    Les adultes aussi ne pipent mot, tous écoutent. Ils connaissent tous une personne qui aurait entendu le cheval de l'Ankou. 

    Françoise RICHARD a déjà compris que ses enfants auront bien du mal à s'endormir ce soir.

    Pas que les siens d'ailleurs !

    Elle, elle les connait pas cœur les histoires de sa mère, il faut en prendre et en laisser comme disait son père.

    Elle se promet de demander à sa mère d'éviter les histoires d'Ankou.

     

    J'aimerai tant dire à Françoise de profiter de la présence de sa mère. De conserver dans sa mémoire, la vision de cette veillée, la vision de cette conteuse hors pair qu'était sa mère. 

    Elle n'en a plus pour bien longtemps. Dans moins d'un an elle entendra l'Ankou. 

    Jeanne PIERRES décédera à Coatascorn le 24 juillet 1866.

     

    ***************

    Yves Marie RICHARD et Jeanne PIERRES sont les sosas 110 et 111 de Ronan.

    Yves Maie LOZAHIC et Françoise RICHARD, les 55 et 56

    Marie-Anne LOZAHIC (la petite fille de 5 ans), le sosa 27  

    (diwalit bugale : attention les enfants) 

    L'ANKOU : http://www.lepaysbigouden.fr/pages/ankou.htm

     

             


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