• La suite de notre voyage à travers le passé nous dépose dans la paroisse de Pleumeur-Gauthier (22).

    Avant de sortir de la cabine, Ralg me fait un petit cadeau :

    -Tu risques d'en avoir besoin ! il vient de me glisser un paquet de kleenex dans la main.

    Nous rejoignons un groupe de personnes rassemblé autour d'une fosse fraîchement creusée.

    Nous sommes dans le cimetière de Pleumeur-Gauthier. La tombe est bien minuscule, c'est celle d'un jeune enfant.

    Nous sommes en 1762, Louis XV règne sur le royaume de France depuis 47 ans. Il n'est plus le "bien aimé" depuis belle lurette. Sa favorite la Marquise de POMPADOUR atteinte par la tuberculose, n'a plus que deux années à vivre.

    La grande affaire du royaume en 1762 est la préparation de l'expulsion des Jésuites. Ils sont en opposition avec les intérêts du royaume. D'après le parlement de Paris leur ordre "nuit à l'ordre civil, viole la loi naturelle, détruit la religion et la moralité, corrompt la jeunesse".

    Les affaires du Royaume, n'ont pas beaucoup d’intérêt pour la famille réunie ce matin autour de la sépulture d'un petit enfant d'à peine deux ans.

    Une jeune maman, ce matin, va dire adieu à sa petite fille.

    Marie SALICET, ne peut pas retenir ses larmes.

    Marie à épousé Yves HAMON le 17 juillet 1759 à Pleumeur-Gauthier, elle a 24 ans , lui 27.

    Le 14 août 1760, une petite Marie Gabrielle vient au monde.

    Deux ans de bonheur avec son bébé, puis la maladie, et la mort ....

    Marie sait que peu de familles sont épargnées par ce drame. Elle s'est entendue dire qu'elle était jeune, que d'autres enfants viendraient agrandir la famille.

    La preuve, elle attend déjà son deuxième enfant. Sa grossesse, en ce mois d'octobre, est déjà bien avancée.

    Comment faire comprendre aux gens qu'un nouvel enfant ne remplace jamais celui qui est absent !

    Marie s'efforce de faire bonne figure, elle comprend que sa famille, ses amis et même le prêtre tentent de la réconforter par ces paroles.

    Marie souhaite juste aujourd'hui avoir le droit de pleurer son enfant perdu.

    Après,  elle saura relever la tête et aller de l'avant pour élever le petit qu'elle mettra au monde en janvier prochain. Elle saura trouver le courage de mettre au monde, de voir mourir et d'élever ses autres enfants.

    Nous sommes le 12 octobre 1762, la petite Marie Gabrielle vient d'être inhumée dans le cimetière de Pleumeur-Gauthier.

    S comme Marie SALICET

     

    Marie et Yves vont bientôt déménager, ils vont s'installer à Ploëzal.

    Le 4 janvier 1763, à Ploëzal, une nouvelle petite fille va naître, son prénom sera Marie.

    Le cimetière retrouve sa tranquillité, la famille est rentrée, la vie reprend ses droits.

    Je reste encore quelques instants à me recueillir. Le paquet de kleenex passe de ma main à celle de Ralg, je pleure ............Ralg aussi !    

     

    **************

    Yves HAMON et Marie SALICET sont les sosas 422 et 423 de Ronan ( côté maternel - Famille LE CAER)

     

    Marielle BATHANY - LE GOFF 

     

     

     

     

     

     

     

          

     

     


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  • Le dix-huitième voyage, doit me permettre, d'après Ralg, de débloquer une branche qui me résiste.

    Il a constaté que malgré Filae, Généanet et Corail-net, je tourne en rond.

    C'est de ma RANNOU qu'il veut parler.

    Pas la Monique, qui nous vante son jambon, mais ma Marie Joseph ! 

    Ma Marie Joseph RANNOU est le sosa 169 de Ronan, elle est l'épouse de Yves TILY et la mère d'un autre Yves qui porte le sosa 84.

    Et je ne sais rien d'elle.....ou si peu....

    C'est donc avec beaucoup d'espoir que j'enclenche le champignon R.

    Nous nous retrouvons devant la mairie de Plouisy, il fait nuit noire. Je n'en crois pas mes yeux, Ralg s’apprête à y pénétrer par effraction !

    Enfin c'est pas vraiment une effraction, il a peine frôlé la poignée que la porte s'ouvre..... en grinçant. Je m'y faufile vite fait, Ralg rigole :

    -Pas de panique, Marielle, personne ne peut nous voir  !

    -Ok ! on ne peut peut-être pas nous voir mais on peut voir la porte  ouverte !

    Ralg la referme, puis me fait signe de le suivre.

    Nous dénichons bientôt le registre des mariages, nous décidons de rechercher le mariage du fils de Marie Joseph. D'après ce que je sais, Yves TILY et Marguerite LE BARZIC se sont mariés à Plouisy le 30 septembre 1842.

    Le mariage est introuvable, comment savoir si l'information que je détiens est exacte vu que je ne l'ai pas sourcée.

    -Bravo ! Revoir les fondamentaux, ne te ferait pas de mal...Ralg.. se bidonne. Il m'énerve...je lui arrache le registre des mains, le feuilleter me prend cinq minutes, 1842, le 30 mars au lieu du 30 septembre, le voilà, l'acte de mariage. 

    Vexée comme un pou, je ne prends même pas la peine de le lire.

    En guise de calumet de la paix, Ralg, en manipulant une sorte de carte, nous fait remonter le temps.

    Nous sommes toujours dans la mairie de Plouisy, en 1842, à travers la fenêtre, je m'aperçois qu'il fait jour. Une horloge indique qu'il est 8 heure du matin, je viens de réaliser que la pièce vient de se peupler comme par magie.

    Nous assistons au mariage d'Yves TILY et de Marguerite LE BARZIC.

    Près de moi, une femme, parle de sa future bru, indiquant qu'elle est heureuse de voir son fils épouser une jeune fille si aimable et déjà si bonne ménagère.

    Je reconnais sans peine en cette future belle-mère ma Marie Joseph RANNOU, mère d'Yves TILY.

    L'officier d'état civil demande le silence à l'assemblée, il va lire l'acte de mariage.

    Il indique qu'Yves TILY est âgé de 21 ans et est né à Rospez (22) le 12 novembre 1820. Yves demeure toujours à Rospez et y exerce la profession de laboureur.

    Il est le fils majeur de feu Yves et d'existante Marie Joseph HAMON.....abasourdie je contemple Marie Joseph, elle est toute souriante, HAMON, son nom est HAMON et pas RANNOU.

    Quelle gourde ! Je m'en veux, je n'ai pas vérifié l'acte.

    La base Corail-net ne risquait pas de me sortir un jour le mariage TILY/RANNOU.

    Pas la peine de vous dire qu'il y en a un qui n'a pas fini de me taquiner.....

    Je tente de me remobiliser en me concentrant sur l'identité des témoins. Et je fais bien, car un des témoins est le beau-père d'Yves TILY. Il se nomme Yves GEFFROY, c'est le deuxième époux de Marie Joseph HAMON.    

    R comme RANNOU Marie Joseph

    (source AD22 : acte de mariage Yves TILY et Marie Joseph HAMON)   

    La lecture de l'acte de mariage s'achève, la joyeuse assemblée quitte la mairie, je regarde Marie Joseph HAMON s'éloigner.

    Dès mon retour à la maison, je vais pouvoir modifier son nom de famille, récupérer les actes qui me serviront de sources, surtout les relire bien minutieusement, puis je pourrais remonter cette branche .

    Ralg m'approuve silencieusement..... 

    *****************

    Yves TILY et Marie Joseph HAMON sont les sosas 168 et 169 de Ronan ( côté paternel) 

    Yves TILY et Marguerite LE BARZIC , les sosas 84 et 85.

    Marielle BATHANY - LE GOFF


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  • Après un dernier regard sur la disposition des habitations de Pen-Bizien , nous reprenons le voyage. La lettre Q correspond une fois de plus à Ploëzal, nous sommes à l'entrée de l'église.

    Ralg m'invite à y pénétrer. Il y fait sombre, quelques chandelles éclairent timidement le chœur.

    L'église est déserte.

    Non finalement pas si déserte que cela. Agenouillée sur un prie-dieu, une femme se recueille.

    Elle serre entre les doigts, un chapelet de fines perles de nacre et un missel à la couverture ouvragée. Elle prie de toute son âme.

    Laurence LE BRETON est née le 25 novembre 1659 à Ploëzal.

    Elle est un des sept enfants de Yves LE BRETON et de Jacquette TOULLELAN.

    Laurence épouse René GOURIOU le 24 septembre 1686 à Ploëzal.

    Entre 1688 et 1695, cinq enfants naîtront de leur union.

    Les familles LE BRETON et GOURIOU sont honorablement connues à Ploëzal et dans la région. Elles bénéficient d'un certain statut social ainsi que d'une aisance matérielle.   

    Laurence LE BRETON est donc une dame très en vue dans sa paroisse.

    Monsieur le recteur de Ploëzal la considère comme étant la paroissienne la plus assidue à la messe.

    D'une grande piété, elle ne manque aucun événement religieux.

    D'ailleurs, sa présence à l'église aujourd'hui est liée à un sacrement qu'elle ne manquerait pour rien au monde.

    Aujourd'hui, c'est jour de confession !    

    Q comme Quelle piété !

     

    L'Eglise recommande aux chrétiens de se confesser au moins une fois par an avant Pâques.

    Bien entendu, on peut se confesser beaucoup plus régulièrement, comme une fois par mois par exemple.

    C'est ce que fait Laurence. En accord avec le recteur de Ploëzal, elle vient se confesser tous les mois. 

    Depuis toujours, elle éprouve le besoin vital de se mettre en vérité face à Dieu.

    Avant chaque confession, elle s'oblige à lire et relire quelques chapitres de  l’Évangile.

    Un nouveau personnage vient rejoindre Laurence. Il l'invite à le suivre dans le confessionnal.

    La pénitente va dérouler le processus du Sacrement de Pénitence et de Réconciliation.

    Ce processus passe par 4 étapes : l'examen de conscience, la contrition ou repentir, la confession des péchés et pour finir la satisfaction ou pénitence.

    Je m'approche du confessionnal, j'entends la douce voix de Laurence :

    - Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché !

    - Je te bénis mon enfant et t'invite à entrer dans la confiance pour cette confession , lui répond le recteur.

    Laurence reprend la parole pour un long monologue, se reprochant entre autres d'avoir perdu patience avec un de ses enfants, d'avoir réprimandé trop sévèrement une servante..... 

    - De tous ces péchés, j'en demande pardon à Dieu, et à vous mon père pénitence et absolution. 

    - Ma fille, répond le recteur, ces péchés que tu confesses sans peine fortifient ta foi , heureux celui qui reconnaît ses fautes avec contrition. En pénitence, tu diras dix "Notre Père" ainsi que dix "Ave Maria".

    Le prêtre reprend après une pause :

    - Que Dieu notre Père te montre sa miséricorde; par la mort et la résurrection de son Fils il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés; par le ministère de l'Eglise qu'il te donne le pardon et la paix"

    L'homme d'église termine : 

    Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint  Esprit, je te pardonne tous tes péchés.  

    Laurence répond doucement "Amen"

    Une Laurence rayonnante quitte le confessionnal et  se dirige vers la sortie après une dernière bénédiction de son confesseur.

    Jusqu'à la fin de sa vie, Laurence LE BRETON, se montrera une paroissienne exemplaire.

    Elle quittera ce monde le 23 octobre 1718 avec beaucoup de piété comme sa vie durant, elle avait 58 ans.  

    Q comme Quelle piété !

    (Source AD 22 : acte de décès de Laurence LE BRETON)

    ******************

    Laurence LE BRETON et René GOURIOU sont les sosas 1041 ET 1040 de Ronan (côté paternel).

    Marielle BATHANY - LE GOFF


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  • Le champignon P va nous déposer dans un lieu que je connais bien. J'y possède une petite maison de vacances depuis près de vingt ans. C'est la maison du bonheur....

    Et oui ! Je suis de retour, chez moi, à Pen Bizien, sauf que .....je ne reconnais pas grand chose. 

    Pas facile de me repérer, il faudra bien un jour que je me penche sur le cadastre, et sur la généalogie de ma maison du bonheur.

    En attendant, Ralg me précise que nous sommes bien à Pen-Bizien en Pommerit-Jaudy, mais en 1885, le lundi 10 août exactement.

    Il fait déjà chaud en ce début d'après-midi. Nous nous dirigeons vers la maison d'une dame LE FICHANT née TOULLELAN, Marie-Yvonne, de son prénom.

    Sur la pointe des pieds, nous pénétrons dans la maison. Il y fait bien frais, la maison est calme. 

    Toute la maisonnée fait la sieste ou presque.

    Après avoir fait la vaisselle et rangé la cuisine, la maîtresse de maison s'est installée de nouveau à table.

    Elle a disposé devant elle son nécessaire d'écriture. Elle pense avoir à peu près une heure de tranquillité.

    Son époux, Yves Marie, comme chaque jour, s'est retiré dans sa chambre afin de profiter d'un petit somme réparateur.

    Emmanuel, 15 ans,  le neveu qu'ils élèvent depuis quasiment sa naissance, est reparti pour la moisson.

    La moisson a bon dos cette année !  Marie Yvonne le suspecte d'être plus occupé à conter fleurette à une mignonne, plutôt qu'a se passionner pour les pratiques agricoles.

    Marie Yvonne adore son neveu. Elle, qui n'a pas eu la chance d'être mère, n'a jamais regretté de s'être chargée du neveu de son époux. Elle sait déjà qu'elle aura bien du mal un jour à devoir le partager avec sa future femme.

    Marie Yvonne, compte mettre à profit cette heure de tranquillité afin d'écrire une lettre. Elle va écrire à un pharmacien de Paris.

    Elle veut témoigner d'un miracle. Enfin pas tout à fait, elle est trop pieuse pour parler de miracle.

    Malade depuis quelques mois, ses amis et sa famille la pensaient perdue. Elle ne pouvait plus marcher. Même se lever de son lit était devenu une torture. La plupart du temps, elle restait donc couchée.

    Son seul plaisir était la lecture.

    Son mari lui a même offert un livre récemment publié . C'est avec passion qu'elle a dévoré "Bel ami" de Guy de MAUPASSANT.

    Yves Marie lui ramenait régulièrement le journal. Elle a ainsi suivi tous les détails des funérailles de Victor HUGO. Comme une madeleine, elle en a même pleuré.

    C'est en lisant le journal, qu'un jour, elle est tombée sur une réclame vantant les mérites des Pilules Suisses. Yves Marie s'est occupé d'en commander.

    Le 4 juin 1885 , les fameuses pilules étaient enfin réceptionnées.

    Le traitement pouvait commencer. Quinze jours plus tard, Marie Yvonne pouvait enfin se lever.

    Les voisins n'en reviennent pas. C'est un miracle !

    Pour Marie Yvonne, ce n'est pas un miracle, c'est juste l'effet des pilules suisses.

    D'ailleurs, une de ses connaissances demeurant à Ploëzal a suivi le même traitement et est, aussi, aujourd'hui en bonne santé.

    Marie Yvonne vient d'achever sa lettre. Demain matin elle ira la déposer à la poste.

    Yves Marie descend l'escalier, la sieste est terminée. Il va aller rejoindre Emmanuel pour la moisson.

    Le 21 octobre 1885, la lettre de Marie Yvonne sera publiée dans le Petit Journal.         

      

    P comme Pilules Suisses

     (Le Petit Journal du 21/10/1885)

     

    Yves Marie LE FICHANT et Marie Yvonne TOULLELAN se sont mariés le 11 octobre 1865 à Ploëzal.

    Ils étaient cultivateurs et demeuraient en 1886 dans le quartier de Pen-Bizien à Pommerit-Jaudy.

    Marie Yvonne est décédée à Ploëzal le 26 février 1900, entourée d' Yves Marie, son époux et d'Emmanuel LE FICHANT le neveu qu'elle a élevé. Elle avait 61 ans.    

    **************

    Yves Marie LE FICHANT est un des descendants de Jacques GOURIOU et Anne LEROUX, les sosas 520 et 521 de Ronan.   

    Marielle BATHANY - LE GOFF


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  • Nous réintégrons notre véhicule  pour la suite du voyage.

    Ralg souhaite me faire rencontrer, le personnage le plus célèbre de mon arbre familial. Je devine sans peine de qui il s'agit. J'ai passé plusieurs après-midi à la mairie de Ploëzal à reconstituer sa nombreuse descendance. Je reconnais au premier coup d’œil sa signature. Et pour cause, il a rédigé et signé des registres entiers. 

    C'est avec une grande émotion, je crois bien que ma main tremble, que j'appuie sur la lettre O.

    Ce O est le sésame qui va me transporter auprès de François LE GOFF.

    François est né le 30 nivôse an 2, c'est à dire le 17 janvier 1794 à Ploëzal (22). Il est le fils de Jean Marie et de Marie Yvonne LE BRETON.

    Le 9 février 1814, toujours à Ploëzal, il épouse Anne Marie GOURIOU. Il ont 20 ans et s'installent comme cultivateurs. Dans quelques années, la famille comptera 9 enfants. 

    Matériellement, la famille est relativement aisée. François a fait des études car il sait lire et écrire couramment. 

    En 1827, sur les recommandations d'Yves PASQUIOU, qui vient de démissionner de son mandat, François est élu maire de Ploézal.

     A 33 ans, François, va prêter serment au préfet : "je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume"

    C'est avec passion qu'il va s'occuper de ses nouvelles fonctions tout en faisant preuve d'abnégation. Sa devise c'est l’intérêt de Ploëzal , c'est à dire celui de tous, avant le sien.

    Certains diront que c'est facile à dire et à faire lorsqu'on dispose déjà d'une sécurité matérielle. Peut-être...., ce qui est certain c'est que les qualités de François sont unanimement reconnues.

    Même par les bandits ! En effet, tombé aux mains d'une bande de brigands, ceux-ci le libèrent lorsqu'ils le reconnaissent....

    En 1852, il voit l’avènement du Second Empire, il est maintenu comme maire, un nouveau serment va être exigé de lui. Qu'a cela ne tienne ! la seule chose qui compte c'est la prospérité du village, et un serment contre l'assurance de pouvoir continuer à développer Ploëzal , ce n'est pas cher payé !

    Il va donc jurer "obéissance à la constitution et fidélité à l'Empereur" .

    Ralg et moi, nous nous retrouvons ce soir dans la maison municipale de Ploëzal.

    François est à son bureau, concentré sur le document qu'il rédige.

    Je l'entends soupirer, il est bien âgé aujourd'hui.

    Nous sommes en 1866, il a 72 ans. Anne Marie, son épouse est décédée depuis déjà huit ans, elle lui manque tant !

    Cela fait déjà 39 ans qu'il assume la fonction de maire, et ce soir, il a pris une décision. Demain, au conseil, il fera une déclaration, sa déclaration ! 

    Il prépare minutieusement ses arguments, son document doit être parfait.

    Oui c'est vrai, il est exigeant, il l'a toujours été mais il est aussi bienveillant et cette qualité ne court pas les rues.

    Demain, il annoncera qu'il quitte son mandat de maire.

    Il va enfin pouvoir se retrouver face à lui-même et faire le point, le point sur lui, le point sur sa vie, le point sur les autres....

    Ne plus être constamment en représentation, ne plus devoir toujours se montrer serein, il en rêve.

    Il va enfin pouvoir lâcher prise comme il aurait souhaité pouvoir le faire lors du décès de sa fille Marie Yvonne l'année dernière.

    Rédiger l'acte de décès de son enfant était insupportable en tant que père mais c'était son devoir de maire et pour François LE GOFF,  on ne déroge pas à ses devoirs.  

    O comme Obéissance au Roi et à l'Empereur

         (Source AD 22 : acte de décès de Marie Yvonne LE GOFF rédigé et signé par François LE GOFF, maire de Ploëzal et père de la défunte)   

    François semble enfin satisfait de son texte, il signe son document. Il pose sa plume. Se recueille un instant. Puis se lève, souffle sur la bougie pour l'éteindre et quitte la maison municipale.    

    Demain, après 39 ans de mandat, 39 ans de loyauté envers son village et ses habitants, il remettra sa démission pour "épuisement de toutes ses facultés".

    La Croix de la Légion d'honneur lui sera, un jour, décernée pour sa sage administration de Ploëzal. 

    Après une vie active bien remplie au service des autres, il va enfin pouvoir prétendre à une "retraite" bien méritée. 

    François LE GOFF va vivre jusqu'à l'âge de 85 ans, il rejoindra sa chère épouse le 29 août 1879.  

    Mes recherches m'ont naturellement amenée à admirer François LE GOFF.

    Aujourd'hui, grâce à Ralg, je sais que cet homme était une belle personne.

    Il est temps, pour Ralg et moi, de repartir.

     *******************

    François LE GOFF et Anne Marie GOURIOU sont les sosas 64 et 65 de Ronan (côté paternel)

     

    Marielle BATHANY - LE GOFF 

      

      

     

      


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