• Après un dernier regard sur la disposition des habitations de Pen-Bizien , nous reprenons le voyage. La lettre Q correspond une fois de plus à Ploëzal, nous sommes à l'entrée de l'église.

    Ralg m'invite à y pénétrer. Il y fait sombre, quelques chandelles éclairent timidement le chœur.

    L'église est déserte.

    Non finalement pas si déserte que cela. Agenouillée sur un prie-dieu, une femme se recueille.

    Elle serre entre les doigts, un chapelet de fines perles de nacre et un missel à la couverture ouvragée. Elle prie de toute son âme.

    Laurence LE BRETON est née le 25 novembre 1659 à Ploëzal.

    Elle est un des sept enfants de Yves LE BRETON et de Jacquette TOULLELAN.

    Laurence épouse René GOURIOU le 24 septembre 1686 à Ploëzal.

    Entre 1688 et 1695, cinq enfants naîtront de leur union.

    Les familles LE BRETON et GOURIOU sont honorablement connues à Ploëzal et dans la région. Elles bénéficient d'un certain statut social ainsi que d'une aisance matérielle.   

    Laurence LE BRETON est donc une dame très en vue dans sa paroisse.

    Monsieur le recteur de Ploëzal la considère comme étant la paroissienne la plus assidue à la messe.

    D'une grande piété, elle ne manque aucun événement religieux.

    D'ailleurs, sa présence à l'église aujourd'hui est liée à un sacrement qu'elle ne manquerait pour rien au monde.

    Aujourd'hui, c'est jour de confession !    

    Q comme Quelle piété !

     

    L'Eglise recommande aux chrétiens de se confesser au moins une fois par an avant Pâques.

    Bien entendu, on peut se confesser beaucoup plus régulièrement, comme une fois par mois par exemple.

    C'est ce que fait Laurence. En accord avec le recteur de Ploëzal, elle vient se confesser tous les mois. 

    Depuis toujours, elle éprouve le besoin vital de se mettre en vérité face à Dieu.

    Avant chaque confession, elle s'oblige à lire et relire quelques chapitres de  l’Évangile.

    Un nouveau personnage vient rejoindre Laurence. Il l'invite à le suivre dans le confessionnal.

    La pénitente va dérouler le processus du Sacrement de Pénitence et de Réconciliation.

    Ce processus passe par 4 étapes : l'examen de conscience, la contrition ou repentir, la confession des péchés et pour finir la satisfaction ou pénitence.

    Je m'approche du confessionnal, j'entends la douce voix de Laurence :

    - Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché !

    - Je te bénis mon enfant et t'invite à entrer dans la confiance pour cette confession , lui répond le recteur.

    Laurence reprend la parole pour un long monologue, se reprochant entre autres d'avoir perdu patience avec un de ses enfants, d'avoir réprimandé trop sévèrement une servante..... 

    - De tous ces péchés, j'en demande pardon à Dieu, et à vous mon père pénitence et absolution. 

    - Ma fille, répond le recteur, ces péchés que tu confesses sans peine fortifient ta foi , heureux celui qui reconnaît ses fautes avec contrition. En pénitence, tu diras dix "Notre Père" ainsi que dix "Ave Maria".

    Le prêtre reprend après une pause :

    - Que Dieu notre Père te montre sa miséricorde; par la mort et la résurrection de son Fils il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés; par le ministère de l'Eglise qu'il te donne le pardon et la paix"

    L'homme d'église termine : 

    Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint  Esprit, je te pardonne tous tes péchés.  

    Laurence répond doucement "Amen"

    Une Laurence rayonnante quitte le confessionnal et  se dirige vers la sortie après une dernière bénédiction de son confesseur.

    Jusqu'à la fin de sa vie, Laurence LE BRETON, se montrera une paroissienne exemplaire.

    Elle quittera ce monde le 23 octobre 1718 avec beaucoup de piété comme sa vie durant, elle avait 58 ans.  

    Q comme Quelle piété !

    (Source AD 22 : acte de décès de Laurence LE BRETON)

    ******************

    Laurence LE BRETON et René GOURIOU sont les sosas 1041 ET 1040 de Ronan (côté paternel).

    Marielle BATHANY - LE GOFF


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  • Le champignon P va nous déposer dans un lieu que je connais bien. J'y possède une petite maison de vacances depuis près de vingt ans. C'est la maison du bonheur....

    Et oui ! Je suis de retour, chez moi, à Pen Bizien, sauf que .....je ne reconnais pas grand chose. 

    Pas facile de me repérer, il faudra bien un jour que je me penche sur le cadastre, et sur la généalogie de ma maison du bonheur.

    En attendant, Ralg me précise que nous sommes bien à Pen-Bizien en Pommerit-Jaudy, mais en 1885, le lundi 10 août exactement.

    Il fait déjà chaud en ce début d'après-midi. Nous nous dirigeons vers la maison d'une dame LE FICHANT née TOULLELAN, Marie-Yvonne, de son prénom.

    Sur la pointe des pieds, nous pénétrons dans la maison. Il y fait bien frais, la maison est calme. 

    Toute la maisonnée fait la sieste ou presque.

    Après avoir fait la vaisselle et rangé la cuisine, la maîtresse de maison s'est installée de nouveau à table.

    Elle a disposé devant elle son nécessaire d'écriture. Elle pense avoir à peu près une heure de tranquillité.

    Son époux, Yves Marie, comme chaque jour, s'est retiré dans sa chambre afin de profiter d'un petit somme réparateur.

    Emmanuel, 15 ans,  le neveu qu'ils élèvent depuis quasiment sa naissance, est reparti pour la moisson.

    La moisson a bon dos cette année !  Marie Yvonne le suspecte d'être plus occupé à conter fleurette à une mignonne, plutôt qu'a se passionner pour les pratiques agricoles.

    Marie Yvonne adore son neveu. Elle, qui n'a pas eu la chance d'être mère, n'a jamais regretté de s'être chargée du neveu de son époux. Elle sait déjà qu'elle aura bien du mal un jour à devoir le partager avec sa future femme.

    Marie Yvonne, compte mettre à profit cette heure de tranquillité afin d'écrire une lettre. Elle va écrire à un pharmacien de Paris.

    Elle veut témoigner d'un miracle. Enfin pas tout à fait, elle est trop pieuse pour parler de miracle.

    Malade depuis quelques mois, ses amis et sa famille la pensaient perdue. Elle ne pouvait plus marcher. Même se lever de son lit était devenu une torture. La plupart du temps, elle restait donc couchée.

    Son seul plaisir était la lecture.

    Son mari lui a même offert un livre récemment publié . C'est avec passion qu'elle a dévoré "Bel ami" de Guy de MAUPASSANT.

    Yves Marie lui ramenait régulièrement le journal. Elle a ainsi suivi tous les détails des funérailles de Victor HUGO. Comme une madeleine, elle en a même pleuré.

    C'est en lisant le journal, qu'un jour, elle est tombée sur une réclame vantant les mérites des Pilules Suisses. Yves Marie s'est occupé d'en commander.

    Le 4 juin 1885 , les fameuses pilules étaient enfin réceptionnées.

    Le traitement pouvait commencer. Quinze jours plus tard, Marie Yvonne pouvait enfin se lever.

    Les voisins n'en reviennent pas. C'est un miracle !

    Pour Marie Yvonne, ce n'est pas un miracle, c'est juste l'effet des pilules suisses.

    D'ailleurs, une de ses connaissances demeurant à Ploëzal a suivi le même traitement et est, aussi, aujourd'hui en bonne santé.

    Marie Yvonne vient d'achever sa lettre. Demain matin elle ira la déposer à la poste.

    Yves Marie descend l'escalier, la sieste est terminée. Il va aller rejoindre Emmanuel pour la moisson.

    Le 21 octobre 1885, la lettre de Marie Yvonne sera publiée dans le Petit Journal.         

      

    P comme Pilules Suisses

     (Le Petit Journal du 21/10/1885)

     

    Yves Marie LE FICHANT et Marie Yvonne TOULLELAN se sont mariés le 11 octobre 1865 à Ploëzal.

    Ils étaient cultivateurs et demeuraient en 1886 dans le quartier de Pen-Bizien à Pommerit-Jaudy.

    Marie Yvonne est décédée à Ploëzal le 26 février 1900, entourée d' Yves Marie, son époux et d'Emmanuel LE FICHANT le neveu qu'elle a élevé. Elle avait 61 ans.    

    **************

    Yves Marie LE FICHANT est un des descendants de Jacques GOURIOU et Anne LEROUX, les sosas 520 et 521 de Ronan.   

    Marielle BATHANY - LE GOFF


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  • Nous réintégrons notre véhicule  pour la suite du voyage.

    Ralg souhaite me faire rencontrer, le personnage le plus célèbre de mon arbre familial. Je devine sans peine de qui il s'agit. J'ai passé plusieurs après-midi à la mairie de Ploëzal à reconstituer sa nombreuse descendance. Je reconnais au premier coup d’œil sa signature. Et pour cause, il a rédigé et signé des registres entiers. 

    C'est avec une grande émotion, je crois bien que ma main tremble, que j'appuie sur la lettre O.

    Ce O est le sésame qui va me transporter auprès de François LE GOFF.

    François est né le 30 nivôse an 2, c'est à dire le 17 janvier 1794 à Ploëzal (22). Il est le fils de Jean Marie et de Marie Yvonne LE BRETON.

    Le 9 février 1814, toujours à Ploëzal, il épouse Anne Marie GOURIOU. Il ont 20 ans et s'installent comme cultivateurs. Dans quelques années, la famille comptera 9 enfants. 

    Matériellement, la famille est relativement aisée. François a fait des études car il sait lire et écrire couramment. 

    En 1827, sur les recommandations d'Yves PASQUIOU, qui vient de démissionner de son mandat, François est élu maire de Ploézal.

     A 33 ans, François, va prêter serment au préfet : "je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume"

    C'est avec passion qu'il va s'occuper de ses nouvelles fonctions tout en faisant preuve d'abnégation. Sa devise c'est l’intérêt de Ploëzal , c'est à dire celui de tous, avant le sien.

    Certains diront que c'est facile à dire et à faire lorsqu'on dispose déjà d'une sécurité matérielle. Peut-être...., ce qui est certain c'est que les qualités de François sont unanimement reconnues.

    Même par les bandits ! En effet, tombé aux mains d'une bande de brigands, ceux-ci le libèrent lorsqu'ils le reconnaissent....

    En 1852, il voit l’avènement du Second Empire, il est maintenu comme maire, un nouveau serment va être exigé de lui. Qu'a cela ne tienne ! la seule chose qui compte c'est la prospérité du village, et un serment contre l'assurance de pouvoir continuer à développer Ploëzal , ce n'est pas cher payé !

    Il va donc jurer "obéissance à la constitution et fidélité à l'Empereur" .

    Ralg et moi, nous nous retrouvons ce soir dans la maison municipale de Ploëzal.

    François est à son bureau, concentré sur le document qu'il rédige.

    Je l'entends soupirer, il est bien âgé aujourd'hui.

    Nous sommes en 1866, il a 72 ans. Anne Marie, son épouse est décédée depuis déjà huit ans, elle lui manque tant !

    Cela fait déjà 39 ans qu'il assume la fonction de maire, et ce soir, il a pris une décision. Demain, au conseil, il fera une déclaration, sa déclaration ! 

    Il prépare minutieusement ses arguments, son document doit être parfait.

    Oui c'est vrai, il est exigeant, il l'a toujours été mais il est aussi bienveillant et cette qualité ne court pas les rues.

    Demain, il annoncera qu'il quitte son mandat de maire.

    Il va enfin pouvoir se retrouver face à lui-même et faire le point, le point sur lui, le point sur sa vie, le point sur les autres....

    Ne plus être constamment en représentation, ne plus devoir toujours se montrer serein, il en rêve.

    Il va enfin pouvoir lâcher prise comme il aurait souhaité pouvoir le faire lors du décès de sa fille Marie Yvonne l'année dernière.

    Rédiger l'acte de décès de son enfant était insupportable en tant que père mais c'était son devoir de maire et pour François LE GOFF,  on ne déroge pas à ses devoirs.  

    O comme Obéissance au Roi et à l'Empereur

         (Source AD 22 : acte de décès de Marie Yvonne LE GOFF rédigé et signé par François LE GOFF, maire de Ploëzal et père de la défunte)   

    François semble enfin satisfait de son texte, il signe son document. Il pose sa plume. Se recueille un instant. Puis se lève, souffle sur la bougie pour l'éteindre et quitte la maison municipale.    

    Demain, après 39 ans de mandat, 39 ans de loyauté envers son village et ses habitants, il remettra sa démission pour "épuisement de toutes ses facultés".

    La Croix de la Légion d'honneur lui sera, un jour, décernée pour sa sage administration de Ploëzal. 

    Après une vie active bien remplie au service des autres, il va enfin pouvoir prétendre à une "retraite" bien méritée. 

    François LE GOFF va vivre jusqu'à l'âge de 85 ans, il rejoindra sa chère épouse le 29 août 1879.  

    Mes recherches m'ont naturellement amenée à admirer François LE GOFF.

    Aujourd'hui, grâce à Ralg, je sais que cet homme était une belle personne.

    Il est temps, pour Ralg et moi, de repartir.

     *******************

    François LE GOFF et Anne Marie GOURIOU sont les sosas 64 et 65 de Ronan (côté paternel)

     

    Marielle BATHANY - LE GOFF 

      

      

     

      


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  • Le champignon N nous expédie vers une nouvelle destination. La cabine s'immobilise au milieu d'un petit bois. Il fait déjà bien nuit et aucun réverbère dans le coin. Nous sommes au beau milieu d'un petit village.

    Un superbe clair de lune éclaire une jolie église située un peu plus loin. Je reconnais sans peine le lieu. Ce petit bois était le lieu de rendez-vous de ma petite bande d'amis il y a au moins trente-cinq ans. Mais ce soir, il manque la table de pique-nique en bois autour de laquelle nous nous retrouvions pour refaire le monde. Mes amis ne sont pas encore nés. Moi non plus d'ailleurs, ça me donne le vertige tout d'un coup.

    Mais je me reprends vite, j'ai trop à apprendre...

    Nous sommes donc à Runan (22). C'est un petit village connu pour l'église Notre Dame de Runan qui appartenait à l'origine aux Templiers. Cette église est classée aux Monuments Historiques.

    N comme enfant Naturel né à Noël

    (Eglise de Runan - Côtes d'Armor)

    Nous entendons des chants religieux s'élever de l'église, les voix sont nombreuses, les chants sont magnifiques.  Nous pénétrons dans l'église. Toute la population de Runan, unie dans une même ferveur, chante pour fêter la naissance de l'enfant né à Bethléem. Minuit Chrétien résonne à mes oreilles, je n'ai jamais rien entendu d'aussi beau....

    Cette douce nuit de Noël, est spéciale à plus d'un titre pour Marie-Noëlle LE MOUHER. Marie Noëlle, entourée de son mari et de ses enfants, chante de tout son cœur. 

    Elle partage le même jour d'anniversaire que le petit Jésus. Chaque année, c'est un sujet de plaisanterie entre Alexandre RAOUL, son époux et leurs enfants.

    D'ailleurs, ils ne vont pas tarder à sortir de l'église, la messe est sur le point de s'achever. Les familles vont bientôt rejoindre leurs pénates. Les enfants sont excités, ce soir il y aura du fricot à la maison, et certainement des sucreries.

    Marie Noëlle contemple avec tendresse sa petite tribu. Elle ne regrette pas d'avoir accepté la demande en mariage d'Alexandre RAOUL. Ils se sont dit oui pour la vie le 24 octobre 1877 à Runan, il avait 32 ans et elle 28.

    Alexandre, lui a donné 9 beaux enfants, cinq garçons et 4 filles.

    Créer un jour une vraie famille était son rêve, et aujourd'hui, elle en a une. Au moins ses enfants, ne seront jamais montrés du doigt . Comme elle, elle l'a été enfant. C'était comme si son statut d'enfant naturel était gravé sur son front. Aujourd'hui, elle se rattrape et panse les plaies du passé à travers ses enfants. Elle est heureuse.

    Elle se sent bénie, bénie par cet enfant Jésus, né comme elle un 25 décembre et né d'un père bien mystérieux, un peu comme elle qui n'a jamais connu le sien......

    Les RAOUL sont rentrés chez eux, le père ferme la porte. A travers une fenêtre, Ralg et moi, apercevons la famille à table.

    Avant de faire honneur au repas préparé avec amour par Marie Noëlle, les enfants, sous l’œil attendri des parents, récitent en cœur le bénédicité.

    Nous sommes le 25 décembre 1895, Ralg et moi, nous nous souhaitons mutuellement un Joyeux Noël............et cela me fait rire car hier et même ce matin, j'étais fin mai .....2017

    N comme enfant Naturel né à Noël

    (Marie Noëlle LE MOUHER / 1848 - 1924) 

    (Source photo familiale Alain RAOUL)

     

    *****************

    Alexandre RAOUL et Marie Noëlle LE MOUHER sont les sosas 36 et 37 de Ronan (côté paternel)

    Informations sur Runan :

     http://www.infobretagne.com/runan-eglise.htm

    http://www.lavieb-aile.com/article-la-maitresse-vitre-de-l-eglise-de-runan-22-123343694.html

     

    Marielle BATHANY - LE GOFF

     

     

     

      

     

          

     

       

     

     

     


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  • Nous sommes déjà à la moitié de notre périple dans le passé, j'ai une drôle d'impression, j'ai un peu de mal à la définir.

    J'ai la sensation d'avoir vécu plusieurs vies, c'est comme si mon esprit en se connectant aux esprits des membres de ma famille avait aspiré une partie d'eux en même temps que leurs souvenirs.

    Ma soeur Ida va pouvoir dire de moi "Encore une qui est plus vieille que sa grand-mère !"

    Et oui Ida ! si ça continue, c'est pas à mémé Barbe ou mémé Augustine que je vais m'arrêter !

    C'est donc avec ce nouvel objectif que, sous l’œil amusé de Ralg, je fonce appuyer sur le champignon M.

    La cabine se pose à Pontrieux (22). Nous sommes le 3 octobre 1800 et c'est jour de marché à Pontrieux.

    Et il y a foule, comme tous les vendredis .

    M comme Marché de Pontrieux

    La place du marché en Bretagne - Carpentier Renée 

    Une voiture tirée par un cheval vient d'arriver du village voisin de Ploëzal. Jean Joseph GOURIOU accompagné par Anne LE BRETON son épouse, tire sur les rênes de son cheval pour l'immobiliser.

    Comme chaque semaine, il attache son cheval à un anneau fixé au mur de l’hôtel de la Grande Maison tenu par la veuve GUERIN. Jean Joseph remarque que trois montures sont déjà attachées aux autres anneaux. Il ne reconnaît pas les bêtes, pourtant il connaît presque tous les cavaliers de la région.  

    Anne va faire le marché, elle a promis de ramener quelques douceurs à leurs quatre enfants . Elle doit aussi acheter quelques coupons de tissus, elle compte demander à la couturière de Ploëzal de confectionner de nouvelles robes pour Marie et Marie-Anne. Il va falloir également s'occuper du trousseau des garçons. Yves et François, ont beaucoup grandi en quelques mois.

    Après les achats, elle passera prendre un café chez une amie puis elle rejoindra son mari devant l'hôtel.

    Jean Joseph, va rejoindre ses amis du côté de la vente des volailles et bestiaux . Il compte acheter une dizaine de poules. Il faut bien réparer les dégâts qu'un goupil a fait dernièrement. Pas certain que ce soit un renard à quatre pattes d'ailleurs. Il a parlé de goupil pour ne pas inquiéter Anne et les enfants. Dès ce soir, ses trois domestiques et lui vont exercer une surveillance. D'ailleurs, il ne faut pas qu'il oublie de passer chez l'armurier.

    Jean Joseph GOURIOU (1766-1809) et Anne LE BRETON (1764-1835), sont mariés depuis le 17 novembre 1785. Cultivateurs, ils résident à Ploëzal. Ils sont propriétaires de leur ferme.

    Ils auront deux garçons, Yves (1787) et François (1789), ainsi que deux filles, Marie (1790) et Marie Anne (1793).          

    Jean-Joseph s'apprête à rejoindre Anne. Il est content de ses achats et heureux d'avoir revu ses amis. 

    Lorsque tout à coup, il lui semble que l'ambiance sur la place a changé. L’atmosphère est devenue lourde, la foule semble inquiète, non c'est pas cela , il  sent comme une colère monter. Un de ses amis le rattrape afin de lui faire part d'une information qui s'ébruite dans toute la ville.

    Jean Marie Louis BELLINGANT, un ex-émigré , son homme d'affaire et Séverin THOMAS, un ancien chouan se trouvent à l'hôtel Grande Maison. Jean Joseph fait tout de suite le lien avec les trois montures attachées devant l'hôtel.

    Le nommé THOMAS est un de ceux qui ont, quelques mois plus tôt, repoussé au Restmeur, la garde nationale de Pontrieux à coups de fusil.

    Ils ont tué un homme de la garde et ont fait un prisonnier qu'ils ont fusillé après un simulacre de procès.  

    La foule s'est rassemblée devant l'hôtel, elle est en colère et prend pour une provocation la décision de ces trois hommes de séjourner dans cet établissement. Pour la foule, il est impossible qu'ils ne sachent pas que la veuve GUERIN était l'épouse du malheureux garde fusillé.

    Le maire de Pontrieux est absent, mais son adjoint prend l'affaire au sérieux et décide de mettre aux arrêts les trois hommes afin de les protéger de la foule de plus en plus hostile.

    Au bout de quelques heures, le calme revient et la foule se disperse. Jean Joseph et Anne, eux, sont rentrés depuis longtemps, retrouver leurs enfants.

    *******************

    Jean Joseph GOURIOU et Anne LE BRETON sont les sosas 130 et 131 de Ronan (côté paternel)

    Marielle BATHANY - LE GOFF


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