• A l'occasion du septième voyage dans mon passé généalogique, Ralg me propose de choisir l'ancêtre que je désire observer.

    Il doit correspondre à la lettre G, le choix n'est pas difficile. Je travaille depuis quelques semaines à la résolution d'une sacrée épine que me pose Guillaume SAVIDAN. Je cherche à m'assurer de l'identité de ses parents.

    Ralg semble surpris de mon choix. Si j'ai choisi la personne, le lieu sera aléatoire. Je prie pour me retrouver en plein repas de famille .....et j'appuie sur le champignon.

    Et zut, j'ai trop prié !  Si je me trouve bien avec la famille , c'est dans une chapelle, celle de Trévoazan dans la commune de Prat (22).

    G comme Guillaume Savidan

     

    J'assiste aux funérailles de Guillaume. 

    Le prêtre va commencer son homélie :

    - le moment est venu, en cette liturgie, de prononcer quelques paroles sur le défunt, honorable Guillaume SAVIDAN, que nous allons bientôt porter en terre.

    Guillaume est mort en bon chrétien, comme avant lui ses parents,........ je suis tout ouïe ......et sa très chère épouse Vincente LOUTRAGE, déjà auprès de notre seigneur......

    Pendant sa maladie mortelle, il a été soutenu par ses enfants François, Pierre, Anne et Marguerite SAVIDAN ainsi que par son gendre Jean- Baptiste LE BRETON 

    Le prêtre termine son discours, bénit le corps. Les fidèles se signent et sur un dernier Amen, le curé, la famille et les amis accompagnent Guillaume jusqu'au cimetière où l'attend sa dernière demeure.    

    G comme Guillaume Savidan

    Nous sommes le 4 novembre 1768 et je ne sais toujours pas avec certitude qui sont les parents de Guillaume.

    G comme Guillaume Savidan

     

    (Source : AD22/dc 1768 Guillaume SAVIDAN - Prat)  

    Je suis bien contrariée......ce qui fait rire Ralg !

    Il est temps que je lui fasse un point. Nous nous éloignons du cimetière . Je lui explique que je cherche une confirmation :

    - Ralg, j'espère juste un détail car les arbres publiés sur Généanet proposent trois filiations différentes.

    • Yves SAVIDAN et Françoise CONGAR 
    • François SAVIDAN et Françoise LE PENNEC
    • Jean SAVIDAN et Marguerite LE CAER, pour ce dernier couple, les dates ne semblent vraiment pas correspondre.

    Maintenant, je vais donc revoir minutieusement les actes de la totalité de la famille. Je dois revenir  aux basiques et étudier de nouveau les actes à ma disposition. Je vais reconstituer toute la famille SAVIDAN c'est un travail de fourmi mais souvent ça paye !

    Voilà comment on pratique la généalogie en 2017 Ralg !

    J'ai déjà mon plan d'actions en tête....pourtant ...pourtant...J'ai l'impression que j'oublie quelque chose, ....mais quoi ? Ralg m'observe avec intérêt......et tout d'un coup, eurêka !....  Je le tiens le fameux détail que je cherche.

    Et ce n'est pas dans ce cimetière que je vais le trouver, ce détail je l'ai depuis 4 jours, depuis ma rencontre avec la lettre C.

    Depuis le C de consanguinité, depuis l'arbre que j'ai établi pour prouver le cousinage entre Jean François un des fils de Guillaume et Marie GOURIOU.

    Maintenant je sais avec certitude que les parents de Guillaume sont François SAVIDAN et Françoise LE PENNEC.

    Ralg est hilare , T'en a mis du temps pour réaliser !      

    ***********************

    Guillaume SAVIDAN est le sosa 526 de Ronan.

    François SAVIDAN et Françoise LE PENNEC sont donc ses sosas 1052 et 1053.

    Marielle BATHANY - LE GOFF

     


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  • Heureuse du détail découvert au sujet du sosa 16 de Ronan, je presse vigoureusement le champignon qui va me faire découvrir la lettre F de ce voyage alphabétique et généalogique.

    Nous nous matérialisons dans la cour d'une ferme située à Plouëc-du-Trieux (22).

    C'est une commune que je connais bien, j'y ai passé mon enfance. Nous habitions Pen-Harden, un lieu-dit à environ un kilomètre du bourg.

    Mais il me semble que la ferme devant laquelle nous débarquons se trouve beaucoup plus en campagne. J'ai un peu de mal à la situer, je n'ai pas pensé à prendre mon téléphone pour consulter le GPS. 

    J'imagine mon fils me dire " Investir dans un Iphone 6 + et ne pas l'avoir sur soi, chercher l'erreur ! " et tout à coup on me répond :

    - il aurait pas tort ! c'est Ralg, je l'avais oublié celui-là ! Je suppose que les jeunes du futur sont toujours aussi greffés à leur téléphone que ceux de 2017 !

    Vu que je ne vois que des chemins de terre, je ne sais même pas si le GPS serait opérationnel ici. Pas certaine d'avoir du réseau non plus . 

    Je décide de ne plus me laisser distraire par Ralg, mon objectif est de trouver mon F.

    Des rires d'enfants m'attirent à l'arrière de la ferme.

    Je viens d'apercevoir trois fillettes et deux garçonnets. 

    En cet après-midi d'été, le soleil brille ardemment, il fait très chaud.  

    Marie-Aline, Simone et Jeannette font la ronde en chantant. La ronde et le chant visiblement n'intéressent pas les deux garçons.

    François et Yves, se sont installés sur le talus qui sépare la courette du jardin potager que je devine plus loin.

    Ces cinq petits sont les enfants d'Henri LE GOFF et de Marie Augustine LE CAER. Les parents sont cultivateurs.

    Marie Aline  est âgée de onze ans, Simone en a neuf, Jeanne que tout le monde appelle Jeannette huit.

    Les garçons sont les deux derniers de la fratrie, François a fêté ses six ans le 11 mai dernier et Yves que tout le monde traite comme un bébé en a quatre.   

    Marie-Aline en tant qu'aînée est chargée de surveiller ses jeunes frères et soeurs.

    Si les filles se laissent commander sans trop de difficultés, il n'en est pas de même pour les deux garçons. Ses petits frères sont très turbulents, sa mère répète continuellement qu'il faut les surveiller comme le lait sur le feu.

    D'ailleurs, il est temps qu'elle abandonne la ronde pour aller vérifier ce qu'ils peuvent faire assis sur le talus.

    Yves observe avec la grande attention son grand frère. François a repéré un trou dans la pente du talus, il s'est assis juste un peu au dessus. Entre ses genoux, sortant du trou, il découvre des petites têtes d'oisillons. François glisse une brindille dans l'ouverture espérant ainsi chatouiller les petits oiseaux bien au chaud dans ce nid.

    Et cela fonctionne, pas farouches, ils se laissent même caresser la tête.

    François est fier de lui, Yves l'admire. Il est formidable son grand frère, si Papa sait dresser ses chevaux, François lui sait déjà dresser les oiseaux !

    Marie-Aline toute attendrie de les voir si sages est déjà prête à les féliciter. Quand tout d'un coup elle se fige, yeux écarquillés, elle tourne vivement les talons et se précipite à toute vitesse vers la maison.

    Les garçons ne se sont aperçus de rien.

    Dans les minutes qui suivent, Marie Augustine, en furie, se jette sur ces deux fils. Elle les empoigne vigoureusement et les dépose au centre de la courette.

    Puis, en deux temps trois mouvements, déculotte François et lui administre une fessée monumentale dont il se souviendra toute sa vie.

    Puis, pratiquement dans un état second, va chercher une bêche dans l’appentis et se met à détruire le morceau du talus abritant le fameux nid. Par la même occasion, elle tue les oisillons ainsi que la mère de ceux-ci sans état d'âme.

    Elle va également féliciter Marie-Aline, la réaction appropriée de sa fille a sauvé la vie de François.

    En effet, les oisillons de François étaient des petites vipères, la maman vipère n'aurait pas tarder à faire son apparition.

    François est en larmes, il ne comprend pas ce qu'on lui reproche. Yves non plus, mais lui, est trop heureux d'avoir échappé à la correction.

    Si je comprends la frayeur de Marie Augustine, je ne pense pas que la fessée aurait été ma réponse.

    En attendant, je ne résiste pas à aller retrouver ce petit François, toujours en pleurs. Pour le consoler, je lui dépose un baiser sur le front en lui soufflant :

    - ne pleure pas Papa, je suis là, tu n'as rien fait de mal, grand-mère a eu très peur pour toi.

    Le petit garçon se calme, il m'a peut-être entendu.

    - Papa, c'est Marielle, nous nous rencontrerons dans 29 ans, en attendant sois sage, au revoir Papa, je t'aime....

    Je remonte dans la cabine pour laisser derrière moi l'année 1935, l'année de la fameuse fessée de Papa. Il nous faisait bien rire, nous ses trois filles, avec son histoire de fessée. D'ailleurs, moi je n'ai pas souvenir d'en avoir reçu une seule. 

    Je remonte dans la cabine, en larmes, mais tellement heureuse d'avoir embrassé encore une fois mon père.

    Tiens, Ralg aussi pleure....

        

    F comme Fessée pour François

     (Source familiale : François LE GOFF (1929-2008)  

     

      **************************

       

    Henri LE GOFF et Marie Augustine LE CAER sont les sosas 12 et 13 de Ronan (côté maternel)

    François est le papy de Pen-Harden de Ronan (sosa 6).

     

    Marielle BATHANY- LE GOFF

     

     


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  • La cabine vient tout juste de se poser que déjà j'ouvre la porte.

    Cette ouverture coïncide avec ce que je prends pour une énorme explosion.

    Un monstrueux nuage de poussière recouvre puis envahit notre engin de transport.

    Marielle, Marielle, tu n'as rien ? s’inquiète Ralg

    Je me relève, par réflexe j'ai plongé au ras du sol. 

    Ralg, lui, est resté imperturbable, excuse-moi, je n'ai pas pensé à te prévenir. Je n'ai pas pensé qu'hélas dans ton monde vous vivez avec la crainte des attentats terroristes. Je suis désolé .

    Le nuage se dissipe, nous nous retrouvons au centre de la commune de Ploëzal (22), une partie de l'église vient de s'écrouler.

    Toute la population de la commune se précipite vers l'édifice, dégageant déjà les pierres afin de s'assurer que personne ne se trouve dessous.

    E comme Écroulement d'église

     (Source : Journal L'intransigeant du 6 avril 1902 Généanet) 

    Pas de mort, pas de blessé,  Yves-Marie GALLOU, le maire est rassuré. L'église était déserte. Il se reproche tout de même de ne pas en avoir interdit l’accès plus tôt. L'édifice fragilisé menaçait ruine depuis quelques temps. Yves-Marie réalise qu'il a frôlé la catastrophe.

    Il sait que la mesure de fermeture aurait été contestée par plusieurs de ses administrés. 

    D'ailleurs, un de ceux qu'il nomme "pilier de l'église" se dirige d'un pas décidé vers lui.

    Il s'agit de François Marie LE GOFF, l'aubergiste. Sa famille est bien connue à Ploëzal. Son grand-père François a été maire de la commune pendant plus de quarante ans.

    - Que compte-tu faire Yves-Marie ? On ne peut pas rester sans église ? J'ai un enfant à naître dans quelques semaines, il faudra bien le faire baptiser ? Et les enterrements ? Les mariages ? Tu es le maire, ton devoir est de trouver une solution.

    Intéressée par la tournure de la conversation, la foule fait bloc autour de l'aubergiste. Yves Marie se sent bien seul. La première chose à faire c'est de ménager tout ce joli monde. Il prend la parole :

    - Je vous propose une réunion extraordinaire à la mairie dès demain soir, en attendant je dois prévenir les autorités. Une solution sera trouvée pour les cérémonies et fêtes religieuses. Nous ne manquons pas de chapelles sur la commune.

    - Nous serons tous à la mairie demain soir ! lui répond François Marie LE GOFF

     Visiblement, les paroles du maire ont fait mouche.

    François Marie retourne à l'auberge, il va pouvoir rassurer son épouse.

    Marie LE BERRE est la deuxième épouse de François Marie.

    Ils se sont mariés le 18 avril 1900 à Ploëzal.

    Le 5 mai 1902, Marie mettra au monde une petite fille qu'ils prénommeront Marie Augustine.

    E comme Écroulement d'église

    (source : AD22 acte de naissance de Marie Augustine LE GOFF) 

    Deux ans plus tard, un petit garçon, Louis viendra compléter la famille et deviendra un jour pour Ronan son "pépé de Ploëzal".

    Je suis heureuse d'avoir découvert grâce à ce voyage que François Marie LE GOFF était en 1902 , aubergiste. Et me demande ce qui m'attend demain avec le F.     

     ******************

    François Marie LE GOFF et Marie LE BERRE sont les sosas 16 et 17 de Ronan. (côté paternel) 

    Pépé Louis était le sosa 8.

     Marielle BATHANY - LE GOFF


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  • Nous remontons dans notre engin.

    La lettre D va nous conduire en été 1720, dans la commune de Quemperven (22).

    Je suis étonnée d'y voir autant de monde. Pourtant ce n'est pas jour de marché ni jour de fête.

    Ralg me signale quelques personnes, ce sont des gens de ma famille qui demeurent à Langoat, une commune voisine. 

    Je me demande ce qu'elles peuvent faire là, visiblement elles attendent, le regard braqué vers un attelage stationné devant une maison.   

    Je vais me rapprocher afin de connaître la raison de cette attente.

    Je comprends vite qu'en cette fin de juillet 1720, toute la région est en émoi.

    Pierre LE COZANNET et Isabeau, sa soeur viennent de perdre leur frère Maudez-René.

    La notoriété de ce saint homme est telle dans la région que de nombreuses familles sont en pleurs, et celles de Langoat plus encore.

    Dom Maudez-René LE COZANNET est né le 8 décembre 1666 à Langoat, il sera baptisé dès le lendemain comme cela se fait habituellement.

    Pourtant déjà, son baptême marque les esprits car le parrain et la marraine ne sont pas n'importe qui.  

    Il a pour parrain l'Escuyer Maudez François de la Villéon du Boisfeillet, fils aîné du seigneur du Launay-Meur en Langoat,et pour marraine la mère de ce dernier dame Renée de Trolong , dame du Launay-Meur de la Touche.

    Maudez-René est un des 5 enfants de Yves LE COZANNET et de Françoise BODIOU, honorable homme et honorable dame.

    Très tôt, Maudez va se démarquer de ces frères et soeur et c'est avec joie que sa mère le verra entrer dans les ordres.

    Le 16 mai 1693 il est ordonné prêtre.

    Il se consacre entièrement aux pauvres et aux malades de sa paroisse de Quemperven (22).

    La maladie a raison du saint homme en ce 25 juillet 1720, en début de matinée il s'est éteint doucement sans faire de bruit.

    Sa famille, prévenue de la détérioration de sa santé vient d'arriver.  

    Une grande partie de la population de Langoat a fait le déplacement.

    Pierre LE COZANNET, en tant que chef de famille, désire ramener le corps de son frère à Langoat et l'y faire inhumer.

    La population de Langoat le soutient dans cette démarche.

    La dernière demeure du saint homme ne peut être que Langoat, son pays natal.

    Pierre pénètre dans la chambre où repose son jeune frère.

    Ralg et moi le suivons.

    L'heure est grave. L'air est pesant. Tout le monde est sur le qui-vive. 

    Les amis de son frère ne relèvent même pas la tête à son arrivée. Ils poursuivent leurs prières.

    Après s'être recueilli et avoir embrassé la dépouille mortelle de son frère, Pierre s'adresse à eux.

    - Vous connaissez mon intention, je ne vous l'ai jamais cachée. Ma famille et moi désirons faire enterrer notre frère à Langoat, berceau natal des LE COZANNET.

    Le silence se prolonge, puis le plus âgé des hommes, abandonnant à regret sa prière, relève la tête.

    - Je sais qui tu es Pierre LE COZANNET, je respecte le vœu de ta famille mais je dois faire respecter en premier lieu le vœu de mon ami, couché dans ce lit et qui s'apprête pour le plus grand et le plus beau de ses voyages .

    - Vivant, mon frère appartenait à l'Eglise lui répond Pierre, il a consacré sa vie à la cause de Dieu. Aujourd'hui qu'il n'est plus, son corps appartient à sa famille, une sépulture l'attend près de ses père et mère.

    - Pierre, je connaissais le grand respect de mon ami Maudez pour son père et l'amour inconditionnel qu'il portait à celle qui lui a donné le jour répondit l'homme

    - Alors, lui rétorqua Pierre, tu admets que notre demande est légitime ?

    - C'est vrai, constata l'homme, légitime, elle l'est. Mais il a souhaité par testament être inhumé dans le cimetière près de la croix. Par respect pour tes parents défunts, je vais accéder à ta demande, et je vais prier afin que Dom Maudez, mon ami, me pardonne.....Amen

    D comme Dom Maudez-René LE COZANNET

    - Pierre est soulagé, merci, nous emporterons le corps dès la fin des prières.

    Avec respect et ferveur, le cercueil du prêtre mort en odeur de sainteté est bientôt placé sur l'attelage.

    La totalité de la population de Quemperven s'est rassemblée pour un dernier adieu silencieux. Des regards mauvais sont lancés en direction des nombreux habitants de Langoat qui ont fait le déplacement.

    Pierre donne le signal du départ.

    Très lentement, le cortège traverse une grande partie du bourg, dépasse l'église, la moitié du cimetière. Puis, tout à coup, le cortège s'immobilise, le cheval refuse d'avancer. Et rien n'y fera !

    Au bout d'une heure d'efforts pour rien, il faut se rendre à l'évidence. Le cortège n'atteindra jamais Langoat. 

    L'assemblée réalise alors que le cortège s'est immobilisé au niveau de la croix du cimetière. Les femmes se signent, les hommes tombent à genoux.

    Missire Dom Maudez- René LE COZANNET, vient d'imposer à tous sa volonté.

    Son cercueil est déchargé de la charrette puis est enterré près de la Croix. 

    Afin de reprendre notre voyage, nous laissons les habitants de ces deux communes à leurs prières. J'espère en revoir certains à l'occasion de mon escapade à travers le temps.  

     

    ***********************

    Je fais actuellement des recherches afin de savoir si le saint homme de Quemperven a un lien avec la famille de Ronan.

    Source Gallica :   Dom Maudez-René LE COZANNET

    Marielle BATHANY-LE GOFF

     

          

     


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  • Ce second retour vers la cabine de transport est bien moins enthousiaste que le précédent.   

    Difficile d'être un simple spectateur devant certaines détresses.

    Je ne suis certainement pas la seule à m'être retrouvée en larmes devant les malheurs d'inconnus relayés par la télévision.

    Bon je sais, même devant les séries, j'ai la larme facile.

    Mais lorsqu'il s'agit de vos ancêtres, je vous garantis que c'est de l'émotion à la puissance 100 .

    J'en suis toute chamboulée….

    D'après Ralg, ce sentiment est bien connu des généalogistes de son époque.

    C'est en quelque sorte le prix à payer mais en contrepartie, il y a la découverte de son patrimoine familial.

     Nul besoin de me convaincre, je suis trop curieuse de découvrir qui se cache derrière le champignon C.

     

    Après un nouveau voyage éclair, nous débarquons près d'une église.

    Je la reconnais, c'est celle de Prat (22).

    Un groupe de personnes, bien joyeux, vient d'y pénétrer.

    Deux personnes sont restées à l'écart.

    Deux petites mémés se sont installées à un endroit stratégique.

    Elles bénéficient d'une vue imprenable sur l'entrée de l'église qui permet de ne rien perdre des événements qui s'y déroulent.

    Les coquines  ......je me glisse derrière elles.

    Je m'en doutais, ces deux chipies sont les cancanières du bourg. 

    - elle est bien mignonne cette petite Marie dit Louise

    - le Jean François est bel homme aussi renchérit, un brin admirative, son amie Yvonne

    - beau... c'est certain, mais quel caractère de cochon ! Toujours à faire des histoires pour tout et rien précise Louise.  

    - son grand-père, François, avait le même caractère annonce Yvonne qui semble perdue dans ses souvenirs. 

    Louise , très intéressée par la tournure de la conversation se rapproche d'Yvonne et lui souffle  sur le ton de la confidence :

    - si je me souviens bien, le grand père était un chaud lapin. 

    - on dit tellement de mal dans nos petites communes, les gens sont si jaloux rétorque Yvonne.

    Il semble que cette punaise de Louise aie touché un point sensible.

    Avec délice, elle enfonce l'aiguille plus loin.

    - Je n'habitais pas encore Prat, mais Jeanne, tu sais la voisine morte l'année dernière, m'a raconté que François SAVIDAN était accueilli dans beaucoup de lit de la commune.

    - Ta voisine, était une vraie commère, et pas des plus gentilles, c'est elle qui courait après François, mais il ne la regardait pas , donc elle se vengeait en racontant des histoires.

    - Peut-être ....ou pas.... mais tu sais ma chère Yvonne qu'il n'y a pas de fumée sans feu.

    Louise jubile, Jeanne lui avait bien dit qu'il était de notoriété publique qu'Yvonne était une des nombreuses conquêtes de François SAVIDAN .

    Le mari d'Yvonne aurait même eu des doutes sur une de ses paternités.

    Vu la réaction d'Yvonne  aujourd'hui, Louise en est certaine, Yvonne figurait bien dans le tableau de chasse de François SAVIDAN.

     

    Pour détendre un peu l’atmosphère, Louise décide de changer de sujet.

    -Tu savais que les futurs mariés étaient de la même famille ?

    - non, pas du tout, mais de quel côté ? s'étonne Yvonne qui pensait bien connaître la famille.   

    - Des SAVIDAN, mon Yvonne, des SAVIDAN....bon je t'explique tout, je tiens les informations de ma cousine qui a été interrogée lors de l'enquête .

    Pour pouvoir se marier, il a fallu demander à l’évêque et Comte de Tréguier d'accorder, une dispense du troisième au quatrième degré de consanguinité.

    D'après ce que j'ai compris, l'arrière-grand-mère de Marie GOURIOU était la fille des arrière-grands-parents de Jean François SAVIDAN.

    Et pour prouver tout cela il a fallu faire une enquête sur la famille et surtout payer pour obtenir la fameuse dispense.

    Enfin, payer, eux ils peuvent, ils ne sont pas sans rien ! De l'argent , il y en a dans cette maison !

     

    Les deux commères reprennent leur observation, les mariés accompagnés des témoins et de la famille ne vont pas tarder à sortir de l'église.

    C comme consanguinité

     (Source  AD 22 acte de mariage de Jean François SAVIDAN et Marie GOURIOU) 

     

    En ce 21 novembre 1775, Jean François SAVIDAN vient enfin d'épouser Marie GOURIOU.

    Jean François est le fils de Guillaume SAVIDAN et de Vincente LOUTRAGE et Marie, la fille de Raoul GOURIOU et de Jeanne LEBESQUE.    

    L'organisation du mariage a été perturbée voire retardée par une affaire de consanguinité.

    C comme consanguinité

     

     

     

    Mais aujourd'hui c'est oublié, les familles SAVIDAN et GOURIOU sont de noces et le fricot qui s'annonce les réjouit déjà.

     

    Je quitte mes deux commères qui elles, ne sont pas invitées au fricot.

    Finalement, les cancanières d'il y a 240 ans ne sont guère différentes de celles d'aujourd'hui.

    Faut que je pense à demander à RALG de me faire le portrait  de celles du futur.

     

    ******************    

     

     Guillaume SAVIDAN et Vincente LOUTRAGE sont les sosa 526 et 527 de Ronan (côté paternel).

     

    Marielle BATHANY-LE GOFF 

     

     

     

     

     


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