• B comme Jacques BOUTIN

    Nous avons à peine réintégré notre cabine que déjà je me précipite vers la console.

    Sous l’œil amusé de Ralg, le champignon B est activé, de nouveau le tourbillon voyageur nous avale.        

    Un champ de bataille nous attend.

    Vu les uniformes des forces en présence et la célèbre silhouette à cheval que je devine à l'horizon, je situe l'action dans le début des années 1800.

    La silhouette que je devine au loin me fait chantonner "Napoléon est mort à Sainte Hélène, son fils Léon...." .

    Ralg m'observe d'un drôle d'air.

    Il se demande si les événements ne viennent pas d'avoir raison de ma raison !   

    Je le rassure mentalement, tout va bien.

    Je commence à voir l’intérêt de la télépathie.

     

    L'Empereur est à la veille de remporter la victoire de Montmirail.

    Dans ce cauchemar de détonations, de fumées, de sang, d'entrailles, de cris et de pleurs, Ralg me désigne un militaire.

    Posté derrière un canon, il attend l'ordre d'attaquer. 

    Je sais qu'il est âgé de 25 ans, pourtant il me semble bien plus vieux.

    Son uniforme est maculé de terre et de sang.

    Le sien ou celui de l'ennemi ?

    A quoi peut-il penser ? A ses parents ?

    A celle qu'il a laissé au pays ? A ses frères et soeurs ?

    Ou simplement à défendre sa vie, pour avoir encore la chance de voir un nouveau matin se lever, même si c'est pour découvrir encore et toujours un champs de bataille.

    Résister, jour après jour, pour avoir la chance de revenir à Coatascorn et retrouver sa famille.

     

    Jacques BOUTIN est né le 10 octobre 1789 à Coatascorn (22).

    Il est un des 13 enfants de Jean BOUTIN et de Yvonne LE GAUDU.

    En 1809, son nom est tiré au sort.

    En 1813, la conscription l'appelle, il faut partir.

    L'Empereur compte sur lui, il fera donc son devoir.

    Il embrasse une dernière fois sa mère, salue son père et prend la route pour le Dépôt Général des Conscrits de la Garde .

    Il y arrive le 2 décembre 1813, dès le lendemain il est affecté au 13ème Régiment de Tirailleurs de la Garde.

     Treize jours plus tard, le jeune soldat quitte le 13ème pour le 11ème Régiment de Tirailleurs.

    Déjà, il faut se battre, tuer et risquer sa vie.       

    Sa participation à la Campagne de France de 1814 sera de courte durée.

     

    Le 10 février 1814 , Jacques BOUTIN est à l'hôpital d'Anvers.

     

    Ce même 10 février, les troupes de Napoléon 1er vont remporter la bataille de Champaubert contre les Russes.

     Dés le lendemain, 11 février, la Victoire de Montmirail met de nouveau à mal les troupes Russo-Prussiennes.   

    Pourtant, deux mois plus tard, le 20 avril 1814,  Napoléon fait ses adieux à sa Garde.

    Il prend le chemin de l'exil.

    Le chemin de l'Ile d'Elbe où il aura près de lui quelques fidèles et environ un millier d'hommes pris sur la Garde.

     Un millier de soldats mais pas Jacques.

    Aurait-il choisi de suivre l'Empereur ? La question ne s'est pas posée…

    Jacques BOUTIN est mort le 10 février 1814 à l'hôpital d'Anvers.

    B comme Jacques BOUTIN

    (Source : Mémoire des Hommes - extrait du répertoire alphabétique des Flanqueurs et Tirailleurs de l'Arme des Grenadiers de la Garde - 20YC22 volume 2 1809-1814)  

    Il est temps de quitter le champ de bataille, et je regrette de ne pouvoir sauver ce soldat de l'empire du sombre destin qui l'attend.

    Mais on ne transige pas avec certaines règles du jeu…ou du moins pas encore....

     

    **********************

     

    Jacques BOUTIN est le frère du sosa 206 de Ronan (côté maternel).

    Je remercie  Alain THIRARD de m'avoir signalé Jacques BOUTIN comme étant un soldat de la Garde Impériale.

     

    Le projet d'indexation (soutenu par Généanet) des Matricules Napoléoniens :

    https://fr.geneawiki.com/index.php/Matricules_Napol%C3%A9oniens_1802-1815

    Quelques infos sur la fin du 1er empire :

    https://www.herodote.net/Fin_du_1er_Empire-synthese-1894.php

     

    Marielle BATHANY-LE GOFF

     

       


  • Commentaires

    1
    Vendredi 2 Juin à 11:46

    merci pour ce partage qui nous rappelle la dure réalité de l'époque...

    2
    Vendredi 2 Juin à 20:37
    Raymond

    Bon, il n'y a pas de DeLorean, mais c'est vraiment bien ces voyages dans le temps.J'ai beaucoup aimé l'intro et les 2 premiers épisodes. Mon abonnement est pris pour tout le mois de juin !

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