• Challenge AZ 2016 : S comme Soeur

    Février 1914, Marie-Noëlle sort du tribunal, la tête haute.

    Oui, elle a été condamnée, mais elle sort la tête haute.

    Dieu reconnaîtra les siens !

    Elle n'a pas a avoir honte de cette condamnation.

    C'est son chemin de croix, son dieu la soutiendra.

    C'est ce discours qu'elle tient à ses soi-disant complices.

    Le curé de Lambézellec, de vingt ans son cadet, ne peut s'empêcher de l'admirer.

    Quelle femme admirable ! Il en viendrait même a ressentir une certaine fierté d'être condamné pour le même délit.   

    Certaines de ses coreligionnaires se laissent aller aux larmes mais pas elle.

    Elle est leur mère, leur supérieure, leur guide, et elle a foi en leur mission.

    Elle n'a que faire de la justice des hommes, la seule qui compte n'est pas sur cette terre.

     

    A gauche  Marie Noëlle GOURIOU, Soeur Saint Clément

    (Archives Familiales de Marie-France CHARTIER) 

     

    Marie-Noëlle Gouriou est une des trois filles religieuses de François GOURIOU et de Marie Jeanne LONGEARD.

    Ses parents, cultivateurs à Ploëzal auront douze enfants.

    Marie-Noëlle est née le 5 mai 1830.

    Elle prononce ses vœux le 19 août 1851, elle a 21 ans.

    Elle va vivre dans plusieurs maisons religieuses situées en différents lieux : Landivisiau (29), Gourin (29), Bannalec (29).

    En 1856, la commune de Bannalec est frappée par une épidémie de dysenterie qui fera près de 150 victimes.

    La  même année Marie-Noëlle est mutée à Lambézellec (29), elle y exerce comme enseignante.

    Puis en 1870, elle est nommée supérieure de la Maison de Kérinou, elle conserve son emploi d'enseignante de l'école libre.

    En 1879-1880, elle est la directrice de l'école communale.

     

    Vers 1881-1883, Marie-Noëlle propose à son frère Jean Louis et à sa belle sœur Barbe de s'installer à Lambézellec.

     

    Jean Louis va devenir le jardinier de la Maison de Kérinou.

    Marie-Noëlle est heureuse de voir grandir près d'elle ses neveux et nièces.

    Elle est passionnée par l'éducation des enfants.

    Une autre de ses nièces lui a déjà été confiée, Jeanne-Yvonne qui est devenue Sœur Arthémise.

     

    Dans sa Maison de Kérinou, Marie-Noëlle est heureuse, entourée de ses sœurs en religion, de sa famille et des enfants de son école.

     

     Mais l'Etat ne l'entend pas ainsi, et va la traîner devant un tribunal pour infractions aux lois des 1er juillet 1901 et 4 décembre 1902 .

    Elle est poursuivie, comme beaucoup de ses coreligionnaires,  pour avoir ouvert un établissement congréganiste sans autorisation.

     

    A 83 ans, elle est condamnée à 50 francs d'amende et son école est fermée.

      

    (Ouest-Eclair du 24/02/1914)

     

    En retraite forcée, elle intègre la maison mère de son ordre religieux et y décède le 5 octobre 1921.

     

     (Source archives de la Congrégation des Filles du Saint-Esprit - Saint-Brieuc  ) 

     

     

     Marie-Noëlle GOURIOU, sœur Saint Cément des Filles du Saint Esprit meurt à 91 ans après 70 ans de vie religieuse vouée aux autres.

     

    (Archives Familiales de Marie-France CHARTIER)  

       ********************

    François GOURIOU et de Marie Jeanne LONGEARD sont les sosa 184 et 185 de Ronan.

     

    Un grand merci à Marie-France pour ses archives. 

     

    Pour en savoir plus :  la législation anticongréganiste de 1901-1904.  

     

     Marielle BATHANY - LE GOFF


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :