• L comme Leçon de catéchisme

    Par une matinée ensoleillée, à moins que ce soit déjà l'après-midi, je réalise, en apercevant au loin le clocher de l'église de Plouëc, que nous sommes de retour dans mon village d'enfance.

    Un chemin de terre remplace la route de bitume sur laquelle j'ai souvent pédalé. Je nous revois mes soeurs et moi à vélo, le matin, en file indienne, sur la route de l'école. Maman aussi suivait derrière, avec installé comme un nabab sur le porte-bagage, notre petit frère.

    J'estime que nous sommes à peu près à un kilomètre du bourg.

    Nous apercevons bientôt trois jeunes enfants qui arrivent à notre hauteur.  

    Marie-Françoise, Yves et François se dirigent vers  le presbytère, en effet aujourd'hui c'est jour de catéchisme.

    Marie-Françoise, dix ans, est chargée par Marie Anne LOZAHIC, sa mère de veiller sur ses deux jeunes frères.

    Si la tâche est relativement aisée en ce qui concerne François, le plus petit qui n'a que sept ans, il en est tout autre avec Yves.

    Le garçon âgé de neuf ans est une vraie terreur à la maison comme à l'école.

    Marie-Françoise est inquiète car elle le trouve bien trop calme et surtout bien discipliné. Elle ne le reconnaît pas aujourd'hui.

    Mais c'est peut-être l'effet de la leçon de morale d'hier soir. Marie-Françoise n'avait jamais entendu son père faire un tel discours, surtout à un de ses enfants. Elle a même entendu son père parler de maison de redressement.

    Ralg et moi avons suivi les enfants.

    A quelques mètres du presbytère, Yves, lance à sa grande soeur :

    - Et bien moi, j'ai autre chose à faire de beaucoup plus intéressant que d'entendre des bondieuseries. C'est bon pour les filles et les bébés, alors à bon entendeur salut ! 

    Marie-Françoise, n'a pas le temps de réagir que déjà le chenapan à tourné les talons et s'est envolé. François se met à pleurer, sa grande soeur le console.

    La cloche retentit, il faut presser le pas, il ne faut pas être en retard. Papa et Maman n'apprécieraient pas. Comme ils ne vont pas apprécier la fuite d'Yves. En plus elle risque de se faire gronder car elle a failli à sa mission. Maman ne lui fera plus confiance, c'est surtout cela qui ennuie Marie-Françoise.

    La leçon de catéchisme, est donnée par le prêtre du village.

    L comme Leçon de cathéchisme

    La Leçon de catéchisme par Jules-Alexis MUENIER en 1890

    Il fait tout d'abord l'appel, il note l'absence d'Yves. Marie-Françoise est soulagée, il ne lui demande pas d'explication.

    Après cette formalité, le recteur fait réciter en chœur le "Notre Père" .

    Puis, il leur parle de la naissance de Jésus, de sa famille et de ses amis, les apôtres.

    Marie-Françoise trouve que ça ressemble à un conte de fées. Cette histoire, au moins, ne lui fait pas peur. C'est pas comme les histoires que racontent les adultes à la veillée. Ils racontent des histoires d'Ankou, de revenants, de dame blanche et de korrigans. 

    La leçon s'achève sur une dernière prière que Marie-Françoise adore le "Je vous salue Marie".

    Avant de prendre le chemin du retour, les deux enfants passent par la mercerie du village, ils doivent récupérer une commande de fil pour leur mère.    

    Main dans la main, ils vont bientôt arriver à la maison, quand ils ont la surprise de voir Yves les rejoindre.

    Marie-Françoise le prévient :

    - Pas question que je mente pour toi Yves ! Si on me pose la bonne question, je donnerai la bonne réponse ! 

    - Même pas peur ! rétorque un Yves bien insolent et il a dit quoi le cul-béni de ne pas me voir ?

    La grande soeur le fusille du regard, serre plus fort la main du petit François et se presse vers la maison. Elle en a assez entendu, Yves est ingérable, son père a peut-être raison pour la maison de redressement !

    Une surprise les attend à la maison, les parents, Pierre-Marie LE CAER et Marie-Anne LOZAHIC, reçoivent un visiteur de marque.    

     Les enfants découvrent avec stupeur, attablé en compagnie de leurs parents, le recteur de la commune.

    - Rebonjour Marie-Françoise et François dit l'abbé,  je disais justement à vos parents qu'ils pouvaient être fiers de votre assiduité au catéchisme. Quant à toi Yves, comme tu étais trop occupé pour assister à la leçon, je viens t'en offrir une à domicile .

    Nous laissons Yves prendre sa leçon et certainement après régler ses comptes avec ses parents.

    Pierre Marie LE CAER et Anne Marie LOZAHIC se sont mariés le 22 octobre 1882 à Plouëc.

    Ils étaient cultivateurs. 

    Ils auront dix enfants, dont Marie-Augustine qui sera ma grand-mère.

    ***************  

    Pierre Marie LE CAER et Marie Anne LOZAHIC sont les sosas 26 et 27 de Ronan.

    Marie Augustine LE CAER, le sosa 13.

    Marielle BATHANY - LE GOFF 


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