• M comme Marché de Pontrieux

    Nous sommes déjà à la moitié de notre périple dans le passé, j'ai une drôle d'impression, j'ai un peu de mal à la définir.

    J'ai la sensation d'avoir vécu plusieurs vies, c'est comme si mon esprit en se connectant aux esprits des membres de ma famille avait aspiré une partie d'eux en même temps que leurs souvenirs.

    Ma soeur Ida va pouvoir dire de moi "Encore une qui est plus vieille que sa grand-mère !"

    Et oui Ida ! si ça continue, c'est pas à mémé Barbe ou mémé Augustine que je vais m'arrêter !

    C'est donc avec ce nouvel objectif que, sous l’œil amusé de Ralg, je fonce appuyer sur le champignon M.

    La cabine se pose à Pontrieux (22). Nous sommes le 3 octobre 1800 et c'est jour de marché à Pontrieux.

    Et il y a foule, comme tous les vendredis .

    M comme Marché de Pontrieux

    La place du marché en Bretagne - Carpentier Renée 

    Une voiture tirée par un cheval vient d'arriver du village voisin de Ploëzal. Jean Joseph GOURIOU accompagné par Anne LE BRETON son épouse, tire sur les rênes de son cheval pour l'immobiliser.

    Comme chaque semaine, il attache son cheval à un anneau fixé au mur de l’hôtel de la Grande Maison tenu par la veuve GUERIN. Jean Joseph remarque que trois montures sont déjà attachées aux autres anneaux. Il ne reconnaît pas les bêtes, pourtant il connaît presque tous les cavaliers de la région.  

    Anne va faire le marché, elle a promis de ramener quelques douceurs à leurs quatre enfants . Elle doit aussi acheter quelques coupons de tissus, elle compte demander à la couturière de Ploëzal de confectionner de nouvelles robes pour Marie et Marie-Anne. Il va falloir également s'occuper du trousseau des garçons. Yves et François, ont beaucoup grandi en quelques mois.

    Après les achats, elle passera prendre un café chez une amie puis elle rejoindra son mari devant l'hôtel.

    Jean Joseph, va rejoindre ses amis du côté de la vente des volailles et bestiaux . Il compte acheter une dizaine de poules. Il faut bien réparer les dégâts qu'un goupil a fait dernièrement. Pas certain que ce soit un renard à quatre pattes d'ailleurs. Il a parlé de goupil pour ne pas inquiéter Anne et les enfants. Dès ce soir, ses trois domestiques et lui vont exercer une surveillance. D'ailleurs, il ne faut pas qu'il oublie de passer chez l'armurier.

    Jean Joseph GOURIOU (1766-1809) et Anne LE BRETON (1764-1835), sont mariés depuis le 17 novembre 1785. Cultivateurs, ils résident à Ploëzal. Ils sont propriétaires de leur ferme.

    Ils auront deux garçons, Yves (1787) et François (1789), ainsi que deux filles, Marie (1790) et Marie Anne (1793).          

    Jean-Joseph s'apprête à rejoindre Anne. Il est content de ses achats et heureux d'avoir revu ses amis. 

    Lorsque tout à coup, il lui semble que l'ambiance sur la place a changé. L’atmosphère est devenue lourde, la foule semble inquiète, non c'est pas cela , il  sent comme une colère monter. Un de ses amis le rattrape afin de lui faire part d'une information qui s'ébruite dans toute la ville.

    Jean Marie Louis BELLINGANT, un ex-émigré , son homme d'affaire et Séverin THOMAS, un ancien chouan se trouvent à l'hôtel Grande Maison. Jean Joseph fait tout de suite le lien avec les trois montures attachées devant l'hôtel.

    Le nommé THOMAS est un de ceux qui ont, quelques mois plus tôt, repoussé au Restmeur, la garde nationale de Pontrieux à coups de fusil.

    Ils ont tué un homme de la garde et ont fait un prisonnier qu'ils ont fusillé après un simulacre de procès.  

    La foule s'est rassemblée devant l'hôtel, elle est en colère et prend pour une provocation la décision de ces trois hommes de séjourner dans cet établissement. Pour la foule, il est impossible qu'ils ne sachent pas que la veuve GUERIN était l'épouse du malheureux garde fusillé.

    Le maire de Pontrieux est absent, mais son adjoint prend l'affaire au sérieux et décide de mettre aux arrêts les trois hommes afin de les protéger de la foule de plus en plus hostile.

    Au bout de quelques heures, le calme revient et la foule se disperse. Jean Joseph et Anne, eux, sont rentrés depuis longtemps, retrouver leurs enfants.

    *******************

    Jean Joseph GOURIOU et Anne LE BRETON sont les sosas 130 et 131 de Ronan (côté paternel)

    Marielle BATHANY - LE GOFF


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