• Nous remontons dans notre engin.

    La lettre D va nous conduire en été 1720, dans la commune de Quemperven (22).

    Je suis étonnée d'y voir autant de monde. Pourtant ce n'est pas jour de marché ni jour de fête.

    Ralg me signale quelques personnes, ce sont des gens de ma famille qui demeurent à Langoat, une commune voisine. 

    Je me demande ce qu'elles peuvent faire là, visiblement elles attendent, le regard braqué vers un attelage stationné devant une maison.   

    Je vais me rapprocher afin de connaître la raison de cette attente.

    Je comprends vite qu'en cette fin de juillet 1720, toute la région est en émoi.

    Pierre LE COZANNET et Isabeau, sa soeur viennent de perdre leur frère Maudez-René.

    La notoriété de ce saint homme est telle dans la région que de nombreuses familles sont en pleurs, et celles de Langoat plus encore.

    Dom Maudez-René LE COZANNET est né le 8 décembre 1666 à Langoat, il sera baptisé dès le lendemain comme cela se fait habituellement.

    Pourtant déjà, son baptême marque les esprits car le parrain et la marraine ne sont pas n'importe qui.  

    Il a pour parrain l'Escuyer Maudez François de la Villéon du Boisfeillet, fils aîné du seigneur du Launay-Meur en Langoat,et pour marraine la mère de ce dernier dame Renée de Trolong , dame du Launay-Meur de la Touche.

    Maudez-René est un des 5 enfants de Yves LE COZANNET et de Françoise BODIOU, honorable homme et honorable dame.

    Très tôt, Maudez va se démarquer de ces frères et soeur et c'est avec joie que sa mère le verra entrer dans les ordres.

    Le 16 mai 1693 il est ordonné prêtre.

    Il se consacre entièrement aux pauvres et aux malades de sa paroisse de Quemperven (22).

    La maladie a raison du saint homme en ce 25 juillet 1720, en début de matinée il s'est éteint doucement sans faire de bruit.

    Sa famille, prévenue de la détérioration de sa santé vient d'arriver.  

    Une grande partie de la population de Langoat a fait le déplacement.

    Pierre LE COZANNET, en tant que chef de famille, désire ramener le corps de son frère à Langoat et l'y faire inhumer.

    La population de Langoat le soutient dans cette démarche.

    La dernière demeure du saint homme ne peut être que Langoat, son pays natal.

    Pierre pénètre dans la chambre où repose son jeune frère.

    Ralg et moi le suivons.

    L'heure est grave. L'air est pesant. Tout le monde est sur le qui-vive. 

    Les amis de son frère ne relèvent même pas la tête à son arrivée. Ils poursuivent leurs prières.

    Après s'être recueilli et avoir embrassé la dépouille mortelle de son frère, Pierre s'adresse à eux.

    - Vous connaissez mon intention, je ne vous l'ai jamais cachée. Ma famille et moi désirons faire enterrer notre frère à Langoat, berceau natal des LE COZANNET.

    Le silence se prolonge, puis le plus âgé des hommes, abandonnant à regret sa prière, relève la tête.

    - Je sais qui tu es Pierre LE COZANNET, je respecte le vœu de ta famille mais je dois faire respecter en premier lieu le vœu de mon ami, couché dans ce lit et qui s'apprête pour le plus grand et le plus beau de ses voyages .

    - Vivant, mon frère appartenait à l'Eglise lui répond Pierre, il a consacré sa vie à la cause de Dieu. Aujourd'hui qu'il n'est plus, son corps appartient à sa famille, une sépulture l'attend près de ses père et mère.

    - Pierre, je connaissais le grand respect de mon ami Maudez pour son père et l'amour inconditionnel qu'il portait à celle qui lui a donné le jour répondit l'homme

    - Alors, lui rétorqua Pierre, tu admets que notre demande est légitime ?

    - C'est vrai, constata l'homme, légitime, elle l'est. Mais il a souhaité par testament être inhumé dans le cimetière près de la croix. Par respect pour tes parents défunts, je vais accéder à ta demande, et je vais prier afin que Dom Maudez, mon ami, me pardonne.....Amen

    D comme Dom Maudez-René LE COZANNET

    - Pierre est soulagé, merci, nous emporterons le corps dès la fin des prières.

    Avec respect et ferveur, le cercueil du prêtre mort en odeur de sainteté est bientôt placé sur l'attelage.

    La totalité de la population de Quemperven s'est rassemblée pour un dernier adieu silencieux. Des regards mauvais sont lancés en direction des nombreux habitants de Langoat qui ont fait le déplacement.

    Pierre donne le signal du départ.

    Très lentement, le cortège traverse une grande partie du bourg, dépasse l'église, la moitié du cimetière. Puis, tout à coup, le cortège s'immobilise, le cheval refuse d'avancer. Et rien n'y fera !

    Au bout d'une heure d'efforts pour rien, il faut se rendre à l'évidence. Le cortège n'atteindra jamais Langoat. 

    L'assemblée réalise alors que le cortège s'est immobilisé au niveau de la croix du cimetière. Les femmes se signent, les hommes tombent à genoux.

    Missire Dom Maudez- René LE COZANNET, vient d'imposer à tous sa volonté.

    Son cercueil est déchargé de la charrette puis est enterré près de la Croix. 

    Afin de reprendre notre voyage, nous laissons les habitants de ces deux communes à leurs prières. J'espère en revoir certains à l'occasion de mon escapade à travers le temps.  

     

    ***********************

    Je fais actuellement des recherches afin de savoir si le saint homme de Quemperven a un lien avec la famille de Ronan.

    Source Gallica :   Dom Maudez-René LE COZANNET

    Marielle BATHANY-LE GOFF

     

          

     


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  • Ce second retour vers la cabine de transport est bien moins enthousiaste que le précédent.   

    Difficile d'être un simple spectateur devant certaines détresses.

    Je ne suis certainement pas la seule à m'être retrouvée en larmes devant les malheurs d'inconnus relayés par la télévision.

    Bon je sais, même devant les séries, j'ai la larme facile.

    Mais lorsqu'il s'agit de vos ancêtres, je vous garantis que c'est de l'émotion à la puissance 100 .

    J'en suis toute chamboulée….

    D'après Ralg, ce sentiment est bien connu des généalogistes de son époque.

    C'est en quelque sorte le prix à payer mais en contrepartie, il y a la découverte de son patrimoine familial.

     Nul besoin de me convaincre, je suis trop curieuse de découvrir qui se cache derrière le champignon C.

     

    Après un nouveau voyage éclair, nous débarquons près d'une église.

    Je la reconnais, c'est celle de Prat (22).

    Un groupe de personnes, bien joyeux, vient d'y pénétrer.

    Deux personnes sont restées à l'écart.

    Deux petites mémés se sont installées à un endroit stratégique.

    Elles bénéficient d'une vue imprenable sur l'entrée de l'église qui permet de ne rien perdre des événements qui s'y déroulent.

    Les coquines  ......je me glisse derrière elles.

    Je m'en doutais, ces deux chipies sont les cancanières du bourg. 

    - elle est bien mignonne cette petite Marie dit Louise

    - le Jean François est bel homme aussi renchérit, un brin admirative, son amie Yvonne

    - beau... c'est certain, mais quel caractère de cochon ! Toujours à faire des histoires pour tout et rien précise Louise.  

    - son grand-père, François, avait le même caractère annonce Yvonne qui semble perdue dans ses souvenirs. 

    Louise , très intéressée par la tournure de la conversation se rapproche d'Yvonne et lui souffle  sur le ton de la confidence :

    - si je me souviens bien, le grand père était un chaud lapin. 

    - on dit tellement de mal dans nos petites communes, les gens sont si jaloux rétorque Yvonne.

    Il semble que cette punaise de Louise aie touché un point sensible.

    Avec délice, elle enfonce l'aiguille plus loin.

    - Je n'habitais pas encore Prat, mais Jeanne, tu sais la voisine morte l'année dernière, m'a raconté que François SAVIDAN était accueilli dans beaucoup de lit de la commune.

    - Ta voisine, était une vraie commère, et pas des plus gentilles, c'est elle qui courait après François, mais il ne la regardait pas , donc elle se vengeait en racontant des histoires.

    - Peut-être ....ou pas.... mais tu sais ma chère Yvonne qu'il n'y a pas de fumée sans feu.

    Louise jubile, Jeanne lui avait bien dit qu'il était de notoriété publique qu'Yvonne était une des nombreuses conquêtes de François SAVIDAN .

    Le mari d'Yvonne aurait même eu des doutes sur une de ses paternités.

    Vu la réaction d'Yvonne  aujourd'hui, Louise en est certaine, Yvonne figurait bien dans le tableau de chasse de François SAVIDAN.

     

    Pour détendre un peu l’atmosphère, Louise décide de changer de sujet.

    -Tu savais que les futurs mariés étaient de la même famille ?

    - non, pas du tout, mais de quel côté ? s'étonne Yvonne qui pensait bien connaître la famille.   

    - Des SAVIDAN, mon Yvonne, des SAVIDAN....bon je t'explique tout, je tiens les informations de ma cousine qui a été interrogée lors de l'enquête .

    Pour pouvoir se marier, il a fallu demander à l’évêque et Comte de Tréguier d'accorder, une dispense du troisième au quatrième degré de consanguinité.

    D'après ce que j'ai compris, l'arrière-grand-mère de Marie GOURIOU était la fille des arrière-grands-parents de Jean François SAVIDAN.

    Et pour prouver tout cela il a fallu faire une enquête sur la famille et surtout payer pour obtenir la fameuse dispense.

    Enfin, payer, eux ils peuvent, ils ne sont pas sans rien ! De l'argent , il y en a dans cette maison !

     

    Les deux commères reprennent leur observation, les mariés accompagnés des témoins et de la famille ne vont pas tarder à sortir de l'église.

    C comme consanguinité

     (Source  AD 22 acte de mariage de Jean François SAVIDAN et Marie GOURIOU) 

     

    En ce 21 novembre 1775, Jean François SAVIDAN vient enfin d'épouser Marie GOURIOU.

    Jean François est le fils de Guillaume SAVIDAN et de Vincente LOUTRAGE et Marie, la fille de Raoul GOURIOU et de Jeanne LEBESQUE.    

    L'organisation du mariage a été perturbée voire retardée par une affaire de consanguinité.

    C comme consanguinité

     

     

     

    Mais aujourd'hui c'est oublié, les familles SAVIDAN et GOURIOU sont de noces et le fricot qui s'annonce les réjouit déjà.

     

    Je quitte mes deux commères qui elles, ne sont pas invitées au fricot.

    Finalement, les cancanières d'il y a 240 ans ne sont guère différentes de celles d'aujourd'hui.

    Faut que je pense à demander à RALG de me faire le portrait  de celles du futur.

     

    ******************    

     

     Guillaume SAVIDAN et Vincente LOUTRAGE sont les sosa 526 et 527 de Ronan (côté paternel).

     

    Marielle BATHANY-LE GOFF 

     

     

     

     

     


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  • Nous avons à peine réintégré notre cabine que déjà je me précipite vers la console.

    Sous l’œil amusé de Ralg, le champignon B est activé, de nouveau le tourbillon voyageur nous avale.        

    Un champ de bataille nous attend.

    Vu les uniformes des forces en présence et la célèbre silhouette à cheval que je devine à l'horizon, je situe l'action dans le début des années 1800.

    La silhouette que je devine au loin me fait chantonner "Napoléon est mort à Sainte Hélène, son fils Léon...." .

    Ralg m'observe d'un drôle d'air.

    Il se demande si les événements ne viennent pas d'avoir raison de ma raison !   

    Je le rassure mentalement, tout va bien.

    Je commence à voir l’intérêt de la télépathie.

     

    L'Empereur est à la veille de remporter la victoire de Montmirail.

    Dans ce cauchemar de détonations, de fumées, de sang, d'entrailles, de cris et de pleurs, Ralg me désigne un militaire.

    Posté derrière un canon, il attend l'ordre d'attaquer. 

    Je sais qu'il est âgé de 25 ans, pourtant il me semble bien plus vieux.

    Son uniforme est maculé de terre et de sang.

    Le sien ou celui de l'ennemi ?

    A quoi peut-il penser ? A ses parents ?

    A celle qu'il a laissé au pays ? A ses frères et soeurs ?

    Ou simplement à défendre sa vie, pour avoir encore la chance de voir un nouveau matin se lever, même si c'est pour découvrir encore et toujours un champs de bataille.

    Résister, jour après jour, pour avoir la chance de revenir à Coatascorn et retrouver sa famille.

     

    Jacques BOUTIN est né le 10 octobre 1789 à Coatascorn (22).

    Il est un des 13 enfants de Jean BOUTIN et de Yvonne LE GAUDU.

    En 1809, son nom est tiré au sort.

    En 1813, la conscription l'appelle, il faut partir.

    L'Empereur compte sur lui, il fera donc son devoir.

    Il embrasse une dernière fois sa mère, salue son père et prend la route pour le Dépôt Général des Conscrits de la Garde .

    Il y arrive le 2 décembre 1813, dès le lendemain il est affecté au 13ème Régiment de Tirailleurs de la Garde.

     Treize jours plus tard, le jeune soldat quitte le 13ème pour le 11ème Régiment de Tirailleurs.

    Déjà, il faut se battre, tuer et risquer sa vie.       

    Sa participation à la Campagne de France de 1814 sera de courte durée.

     

    Le 10 février 1814 , Jacques BOUTIN est à l'hôpital d'Anvers.

     

    Ce même 10 février, les troupes de Napoléon 1er vont remporter la bataille de Champaubert contre les Russes.

     Dés le lendemain, 11 février, la Victoire de Montmirail met de nouveau à mal les troupes Russo-Prussiennes.   

    Pourtant, deux mois plus tard, le 20 avril 1814,  Napoléon fait ses adieux à sa Garde.

    Il prend le chemin de l'exil.

    Le chemin de l'Ile d'Elbe où il aura près de lui quelques fidèles et environ un millier d'hommes pris sur la Garde.

     Un millier de soldats mais pas Jacques.

    Aurait-il choisi de suivre l'Empereur ? La question ne s'est pas posée…

    Jacques BOUTIN est mort le 10 février 1814 à l'hôpital d'Anvers.

    B comme Jacques BOUTIN

    (Source : Mémoire des Hommes - extrait du répertoire alphabétique des Flanqueurs et Tirailleurs de l'Arme des Grenadiers de la Garde - 20YC22 volume 2 1809-1814)  

    Il est temps de quitter le champ de bataille, et je regrette de ne pouvoir sauver ce soldat de l'empire du sombre destin qui l'attend.

    Mais on ne transige pas avec certaines règles du jeu…ou du moins pas encore....

     

    **********************

     

    Jacques BOUTIN est le frère du sosa 206 de Ronan (côté maternel).

    Je remercie  Alain THIRARD de m'avoir signalé Jacques BOUTIN comme étant un soldat de la Garde Impériale.

     

    Le projet d'indexation (soutenu par Généanet) des Matricules Napoléoniens :

    https://fr.geneawiki.com/index.php/Matricules_Napol%C3%A9oniens_1802-1815

    Quelques infos sur la fin du 1er empire :

    https://www.herodote.net/Fin_du_1er_Empire-synthese-1894.php

     

    Marielle BATHANY-LE GOFF

     

       


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  • Le véhicule spacio-temporel me surprend un peu, je me voyais déjà au volant d'une DeLoréan. Un comble pour moi qui déteste conduire !

    Drôle d'idée, une cabine téléphonique en guise de machine pour voyager dans le temps. 

    Mais après tout c'est la destination qui compte.

     

    Finalement l'engin se révèle  très spacieux .

    Au centre, une console en arc de cercle me présente 26 gros champignons multicolores.

    Une lettre est inscrite sur chaque champignon.

    J'ai donc à ma disposition les 26 lettres de l'alphabet.

    Au moins, pas de changement à ce niveau là dans le futur.  

     

    Ralg me sourit .

    Nul besoin de m'expliquer comment ça marche ! même télépathiquement !

    Ma main a déjà appuyé sur le A .

    La cabine se soulève et est emportée dans un tourbillon. Je n'ai même pas peur !   

     

    Tout à coup, les murs de la cabine s’effacent comme par magie.

    Nous nous retrouvons dans une chambre bien sombre.

    Les rideaux sont tirés mais laissent quand même filtrer un minuscule rayon de soleil.

      

    Une femme repose sous les draps, deux hommes semblent la veiller.  

    Notre arrivée ne les perturbent pas.

    - Normal ! me souffle la voix de Ralg,  nous sommes invisibles.

     

    Les deux hommes chuchotent , ils ne veulent pas troubler le repos de la malade :

     

    - Tantine dort, constate Claude, nous allons en profiter pour aller casser une petite graine cousin.   

    - très bonne idée, lui répond Laurent, le docteur dit que ça peut encore durer quelques heures, déjà elle dort beaucoup plus depuis qu'elle a reçu l’Extrême Onction.

    - dans une heure, nous serons de retour, Laurent. 

     

    L'agonisante couchée dans ce lit s'appelle Marie Renée MARCHADOUR.

     Et je rêve de lui dire un seul mot : Merci

    Marie Renée est née le 11 septembre 1771 à Plouzané dans le Finistère.

    Ses parents, Jean MARCHADOUR et Gabrielle LE MENEC sont meuniers au Moulin de Poullinoc.

    Ils auront 11 enfants, Marie Renée est l'avant dernière.

     

     Le 30 janvier 1804, elle accouche à l'hospice de Brest d'un enfant naturel qu'elle va prénommer Pierre Bathilde. Elle a 31 ans.

    Sa situation de fille mère et d'orpheline,la pousse certainement à confier son fils à l'hospice de Brest .

    En effet, en 1804, ses parents ne sont plus de ce monde et une fille mère dans une famille est un sujet délicat voire honteux.

    Sans compter que si trouver un mari pour une veuve est fréquent , il n'en est pas de même pour une fille-mère.

    Marie Renée va donc abandonner son enfant , Pierre sera confié à une famille de Telgruc .

    Pourtant, sur l'acte de naissance de cet enfant, outre son identité, elle va indiquer celles de ses parents.

     

    Un an et demi plus tard, le 30 juillet 1805, Marie Renée épouse à Lambézellec Jean Palier, un veuf.

    Il est âgé de 42 ans, forgeron et est natif de Salignac en Dordogne.

     Le couple ne semble pas avoir eu d'enfant. 

     

    Aujourd'hui en 1829, Marie Renée a 58 ans, il semble qu'elle soit veuve.

    Elle sait qu'elle est au terme de sa vie.

    Le curé est passé, elle a compris qu'il n'y a plus d'espoir.

    L'espoir de voir un jour son enfant, son fils , son Pierre, frapper un beau matin à sa porte.

    Il aurait 25 ans aujourd'hui. 

     

     

    Elle entend dans la pièce voisine ses deux neveux discuter.

     

    Claude GUEGUEN et Laurent LESTEVEN ne vont pas tarder à revenir.

     

    Et moi je ne résiste pas ! C'est maintenant ou jamais !

    Elle va mourir, je ne risque pas de modifier son futur.

    Ralg ne me contredit pas, je m'aperçois que lui aussi, comme moi, est ému. 

     

     

    Je m'approche doucement du lit.

    Je ne veux surtout pas l'effrayer.

    Elle me sourit déjà, je lui prend la main, nos esprits sont connectés automatiquement.

    Elle connait enfin le devenir de son fils, elle peut partir tranquille.

    Elle sait qui je suis.

     

     

    Avant qu'elle ne ferme les yeux pour toujours, je vais pouvoir lui dire "Merci"

    Merci d'avoir indiqué sur l'acte de naissance de son bébé, son identité et surtout celles de ses parents.

    Merci d'avoir facilité mes recherches.

    Merci de m'avoir fait gagner du temps. 

     

    Claude et Laurent reviennent juste à temps, pour entendre leur tante prononcer "Ken e vi gwelet ma ael" avant d'expirer .

     

    Les deux cousins lui ferment les yeux et sur un dernier signe de croix, se préparent à prévenir le reste de la famille.

    Demain, il iront déclarer officiellement le décès de leur tante.

    Nous sommes le 21 décembre 1829 à Lambézellec dans le Finistère.     

    Marie Renée vient de partir pour son grand voyage.

    Je vais reprendre le mien.

    A comme Abandon d'enfant

     

     

    Ces dernières paroles,  "A la prochaine mon ange" sont pour moi.

    Je le prends pour un rendez-vous, un rendez-vous  pour en savoir plus sur elle, sur sa famille, sur notre famille. 

     

     **********************

     Marie Renée est le sosa 121 de Ronan (côté maternel)

     

    Marielle BATHANY-LE GOFF 

     

     


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  • Arborant  fièrement les couleurs d'EAG, mes deux "kalons" viennent de partir.

    C'est soir de match au Roudourou, Jean-Michel et Ronan espèrent la victoire de l'équipe de Guingamp.

     

    Je reste donc seule dans notre petite maison de Pen-Bizien en Pommerit-Jaudy et je compte bien profiter de ma soirée.

    Au programme, recherches sur les AD des Côtes d'Armor mais ma connexion internet est capricieuse ou... commencer une nouvelle série de DVD….

    Je me demande combien d'épisodes je vais pouvoir ingurgiter avant le retour de mes deux supporters.

    Mais avant de passer au vif du sujet, il me faut un kit de survie.

     

    Donc, c'est direction cuisine pour la préparation d'un copieux plateau télé.

    Hélas, je n'ai même pas le temps de saisir la poignée de la porte du frigo que déjà on sonne à la porte.

     

    Un peu surprise, voire contrariée, par cette visite inopinée qui risque de me faire prendre du retard dans mon projet "série à gogo" , je vais ouvrir la porte.   

     

    Je découvre un jeune homme d'une trentaine d'années, brun aux yeux bleus.

    Un large sourire illumine son visage. Il semble heureux de me voir.

    J'ai la sensation fugace de le connaître ou du moins de l'avoir déjà rencontré.  

     

    - Bonjour Marielle, je suis heureux de te rencontrer enfin !

     Je viens te proposer mon aide car visiblement tu es en panne ou du moins en retard pour le Challenge AZ de cette année.

     

    En panne je ne crois pas, en retard comme chaque année mais j'ai l'habitude…..mais au fait de quel droit il me dit ça lui  ?

    D'ailleurs il n'a rien dit, je n'ai pas entendu le son de sa voix, pourtant je l'entends…dans ma tête…

    Je ne sais plus quoi penser, si je referme la porte, il va peut-être disparaître…

    Non, je n'ai pas envie de le voir disparaître, ……….du moins pas encore, il veut se moquer de moi, il ne va pas être déçu.

     

     Il va découvrir que si on me prive de ma dose de série, je peux devenir très très désagréable. 

     

     - Ton siècle n'est pas encore télépathe, je vais donc utiliser la parole annonça-t-il.

     

    Je reste sans voix mais n'en pense pas moins : "Ben vas-y mon neveu ! la parole est à toi !"

     

    - Je m'appelle RALG, je viens du futur et non, je ne suis pas ton neveu !

     

    Alors là , il vient de m'achever, c'est pas possible, il a vraiment lu dans mes pensées.   

     

    Son regard est rivé au mien, une force inconnue me commande de lui faire confiance.

    Je l'invite à entrer.

     

    - Comme je viens de te le dire, je viens du futur, et je suis passionné de généalogie.

    Il y a peu, lors d'une recherche dans les archives, j'ai découvert ton blog et le fameux Challenge AZ inventé par Sophie BOUDAREL.

    Nous ne pratiquons plus la généalogie de la même façon que vous. Nous avons la possibilité d'observer nos ancêtres grâce au voyage spacio-temporel.

    Généralement nous avons l'interdiction de rentrer en contact avec nos ancêtres car cela peut avoir des conséquences sur le futur.

    La lecture de ton blog m'a poussé à venir te rencontrer.

    Je guette depuis plusieurs semaines l'occasion de te rencontrer seule. 

    Dans mon monde, je suis chercheur et j'ai obtenu une dérogation valable pour la durée du challenge AZ 2017 .

     Je te propose de m'accompagner à travers le passé, afin d'observer de plus près certains membres de ton arbre familial.

    Tu pourras ainsi recueillir de la matière pour rédiger tes billets.

     

    Difficile de résister à une telle proposition.

    Je n'ai même pas pensé aux risques d'un tel voyage.

    D'ailleurs c'est bien connu, on ne reste coincé dans le passé que dans les séries TV que je regarde.

    Normal ! faut avoir de la matière pour au moins 13 épisodes d'une saison.

     

    Et vous qu'auriez-vous fait ?

     

     Moi, j'ai saisi la main qu'il me tendait et il m'a entraîné vers son véhicule stationné au beau milieu de la pelouse de mon jardin. (C'est Jean Michel qui risque de ne pas être content demain !)

    Je n'ai même pas pensé à fermer à clé la porte de la maison. 

     

    Ah oui, juste un détail au cas où vous nous croiseriez, son véhicule ressemblait à ça :

     

    Challenge AZ 2017

     

     Marielle BATHANY - LE GOFF


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