• Février 1914, Marie-Noëlle sort du tribunal, la tête haute.

    Oui, elle a été condamnée, mais elle sort la tête haute.

    Dieu reconnaîtra les siens !

    Elle n'a pas a avoir honte de cette condamnation.

    C'est son chemin de croix, son dieu la soutiendra.

    C'est ce discours qu'elle tient à ses soi-disant complices.

    Le curé de Lambézellec, de vingt ans son cadet, ne peut s'empêcher de l'admirer.

    Quelle femme admirable ! Il en viendrait même a ressentir une certaine fierté d'être condamné pour le même délit.   

    Certaines de ses coreligionnaires se laissent aller aux larmes mais pas elle.

    Elle est leur mère, leur supérieure, leur guide, et elle a foi en leur mission.

    Elle n'a que faire de la justice des hommes, la seule qui compte n'est pas sur cette terre.

     

    A gauche  Marie Noëlle GOURIOU, Soeur Saint Clément

    (Archives Familiales de Marie-France CHARTIER) 

     

    Marie-Noëlle Gouriou est une des trois filles religieuses de François GOURIOU et de Marie Jeanne LONGEARD.

    Ses parents, cultivateurs à Ploëzal auront douze enfants.

    Marie-Noëlle est née le 5 mai 1830.

    Elle prononce ses vœux le 19 août 1851, elle a 21 ans.

    Elle va vivre dans plusieurs maisons religieuses situées en différents lieux : Landivisiau (29), Gourin (29), Bannalec (29).

    En 1856, la commune de Bannalec est frappée par une épidémie de dysenterie qui fera près de 150 victimes.

    La  même année Marie-Noëlle est mutée à Lambézellec (29), elle y exerce comme enseignante.

    Puis en 1870, elle est nommée supérieure de la Maison de Kérinou, elle conserve son emploi d'enseignante de l'école libre.

    En 1879-1880, elle est la directrice de l'école communale.

     

    Vers 1881-1883, Marie-Noëlle propose à son frère Jean Louis et à sa belle sœur Barbe de s'installer à Lambézellec.

     

    Jean Louis va devenir le jardinier de la Maison de Kérinou.

    Marie-Noëlle est heureuse de voir grandir près d'elle ses neveux et nièces.

    Elle est passionnée par l'éducation des enfants.

    Une autre de ses nièces lui a déjà été confiée, Jeanne-Yvonne qui est devenue Sœur Arthémise.

     

    Dans sa Maison de Kérinou, Marie-Noëlle est heureuse, entourée de ses sœurs en religion, de sa famille et des enfants de son école.

     

     Mais l'Etat ne l'entend pas ainsi, et va la traîner devant un tribunal pour infractions aux lois des 1er juillet 1901 et 4 décembre 1902 .

    Elle est poursuivie, comme beaucoup de ses coreligionnaires,  pour avoir ouvert un établissement congréganiste sans autorisation.

     

    A 83 ans, elle est condamnée à 50 francs d'amende et son école est fermée.

      

    (Ouest-Eclair du 24/02/1914)

     

    En retraite forcée, elle intègre la maison mère de son ordre religieux et y décède le 5 octobre 1921.

     

     (Source archives de la Congrégation des Filles du Saint-Esprit - Saint-Brieuc  ) 

     

     

     Marie-Noëlle GOURIOU, sœur Saint Cément des Filles du Saint Esprit meurt à 91 ans après 70 ans de vie religieuse vouée aux autres.

     

    (Archives Familiales de Marie-France CHARTIER)  

       ********************

    François GOURIOU et de Marie Jeanne LONGEARD sont les sosa 184 et 185 de Ronan.

     

    Un grand merci à Marie-France pour ses archives. 

     

    Pour en savoir plus :  la législation anticongréganiste de 1901-1904.  

     

     Marielle BATHANY - LE GOFF


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  • Décembre 1909, déjà presque deux ans que Charles Marie AVE son père est décédé.

    Ce soir, Joseph Marie a décidé de parler à sa mère.

     Marie-Louise André ne devrait pas tarder à rentrer.

    Joseph Marie a préparé ses arguments, cela ne va pas être facile de convaincre sa mère.

    Joseph doit convaincre sa mère de le laisser partir.

    Il veut rejoindre un de ses amis qui lui a trouvé un emploi dans une grande ferme de Seine et Oise.

    Le salaire sera meilleur qu'à Ploëzal.

     

    Joseph désire quitter sa région et obtenir un travail mieux rémunéré afin de se constituer un petit pécule et revenir vivre à Plouëc.

    Il a peut-être déjà remarqué une très jeune fille qui vient régulièrement visiter ses cousins dans la commune voisine de Ploëzal, où il travaille.

    La demoiselle est de la ville, elle demeure à Brest.

    Elle s'appelle Anne Marie Alexine Jeanne GOURIOU.

     

    Marie Louise rentre enfin à la maison, mais ce n'est pas ce soir que la discussion pourra avoir lieu.

    Un autre sujet va occuper toute la soirée.

    Marie Louise a acheté le journal l'Ouest-Éclair.

    Cela intrigue Joseph.

    Pourquoi un journal ?  sa mère ne sait pas lire…..

    C'est vrai, Marie Louise ne connait pas son alphabet mais Joseph oui !

     

    C'est encore le cousin François qui fait des siennes. Dans la famille on le nomme François le Terrible !

    Le croque-mitaine familial que craignent les enfants !

     

     

     De Ploëzal à Pontrieux, tout le monde en a peur ! 

     

    (Ouest-Éclair 01/12/1909)

     

     

    Marie Louise plaint Amélie LE SIDANER, son épouse.

    La pauvre Amélie, elle a eu le malheur de se retrouver veuve il y a deux ans.

    Elle pensait avoir retrouvé le bonheur dans les bras d'un beau légionnaire.

    Le mariage a eu lieu le 26 décembre 1907.

    Hélas, la lune de miel n'a pas duré deux ans.

    Espérons que le fait de se retrouver devant un tribunal fasse le plus grand bien à ce terrible cousin.

     

    Hélas, en 1910, François AVE, de nouveau, a les honneurs de la presse.

    Il est également connu pour avoir tenté de se lancer en politique.

    Il se voyait député !

    Son cheval de bataille : la réduction, non pas des impôts, mais des débits de boissons !

    Bien sûr pas celui  de son épouse ! et oui  ! Amélie est débitante de boissons !

     

     

    (Ouest-Éclair 12/11/1910)

      

    En 1911, même à Saint-Brieuc, il est connu et reconnu.

     

    En pleine crise, il est interné . 

     

     

     

    (Ouest-Éclair 27/11/1911)

     

    1912, il est sorti de l'asile.

    De nouveau, ses exploits font parler de lui.

     

    Les arrêts à la case prison deviennent une habitude.

     

     (Ouest-Éclair 24/02/1912)

      (Ouest-Éclair 08/06/1912)

     (Ouest-Éclair 07/09/1912)

    (Ouest-Éclair 07/09/1912)

    (Ouest-Éclair 07/10/1912)

    (Ouest-Éclair 02/11/1912) 

    1913, un dernier article , une dernière récidive ?

     

     (Ouest-Éclair 06/06/1913)

     

    Puis plus rien !

    Que devient le terrible François AVE ?

    Mystère…..

     

    Joseph AVE, son cousin va travailler comme charretier dans une ferme à Plaisir dans la Seine et Oise.

    Puis comme tant d'autres, il rejoindra son régiment et partira à la guerre.

    Il épousera, le 19 octobre 1918, Anne Marie Alexine Jeanne GOURIOU, la demoiselle de Brest.

    Ils deviendront les sosa 22 et 23 de Ronan.

     

    *********************

     

    François AVE et Joseph sont les descendants de Jean Marie AVE et Jeanne DURAND, les sosa 354 et 355 de Ronan.

     

    J'espère un jour écrire la suite de l'histoire de François......

     

    Marielle BATHANY-LE GOFF

     

           


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  • Alice est la descendante d'Estienne TOULLELAN né vers 1646 et de Françoise LE ROUX née vers 1653, sosa 2440 et 2441 de Ronan.

     

     Ils vivaient à Ploëzal, berceau des ancêtres de Ronan.

     

    A ce jour, j'ai recensé trois enfants :  Yves né en 1673, Anne née en 1677, Philippe, l'ancêtre de Ronan né en 1681.

     

    Françoise, une fois veuve, se remariera avec Jean Prigent, et une petite sœur verra le jour en 1688, elle sera prénommée Marie.

     

    Alice est la descendante de René GOURIOU, né en 1734 et de Jeanne LE FICHANT, né en 1736, sosa 260 et 261 de Ronan.

     

    Eux aussi vivaient à Ploëzal.

     

    Ils auront au moins deux fils, Jean Joseph, l'ancêtre de Ronan et Yves Toussaint, celui d'Alice.

     

    La découverte de "necrologie.genealogiequebec.com" via Généanet m'a permis de connaître l'existence d'Alice TOULLELAN.

     

      

     

    (source :Necrologie.GenealogieQuebec.com)

     

    Son père Jean Baptiste TOULLELAN est né à Ploëzal en 1888 .

    Il a épousé Jeanne Boulanger le 2 février 1918 à Saint Brieux - Saskatchewan au Canada. 

     



     

     

    Alice TOULLELAN est née en 1920 et elle est.......... religieuse, pas étonnant lorsqu'on descend de la famille GOURIOU.

     

    Elle est décédée le samedi 17 octobre 2015.

     

    ********************

    Encore de belles recherches en perspectives afin de retrouver la famille d'Alice.

    Il y a peut-être un cousin ou une cousine passionnés de généalogie du côté de Québec.  

    Petit message pour ma cousine Marie-France : Nous avons encore de quoi faire !

     

    Marielle BATHANY- LE GOFF 

      

     


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  • A dix jours de la fête nationale, les préparatifs vont bon train dans les villes et villages de France.

    C'est aussi le cas à Plouëc (22) !

    Les jeunes filles ne pensent qu'à obtenir l'autorisation de leurs parents pour aller danser pendant que les jeunes hommes répètent quelques pas de danse afin d'être fin prêts pour le fameux bal.

     

    Albertine, ou plutôt Armandine comme elle se fait appeler, a 17 ans bientôt 18. 

    Elle devrait obtenir facilement le précieux sésame afin de participer à la fête.

    Il faut dire qu'elle a la chance de pouvoir être accompagnée par trois grands frères.

     

    Hélas, une affaire va venir ternir les festivités prévues.

     

    "Pipi Panchot" s'est pendu !

     Pierre LE ROUX, dit "Pipi Panchot", le forgeron s'est pendu.

     Il est découvert dans la soirée du 4 juillet, se balançant sous un chêne  non loin de chez lui.

     Dans la commune, on ne parle plus que de cela, certains doutent du  suicide......

     Et oui, il y en a d'autres qui aiment un peu trop la bouteille et se disputent  avec leur moitié à longueur de journée et ils sont encore là !

    On ne se suicide pas pour ça !

     

    (Ouest-Éclair du 08/07/1910) 

     

    (Ouest-Éclair du 10/07/1910)

     

    Armandine, n'en a que faire du soit disant suicide du "Pipi Panchot", elle ne pense qu'à aller danser.

    Elle a promis à Francine, sa soeur qui n'a que 16 ans, de tout faire pour qu'elle aussi obtienne l'autorisation de sortie.

    Elle est désolée pour Augustine qui, âgée seulement de 14 ans, va devoir encore attendre un ou deux ans avant de se laisser emporter par les flonflons du 14 juillet.

     

     Armandine est une des filles de Pierre Marie LE CAER et de Marie-Anne LOZAHIC, cultivateurs à Plouëc.

    Pierre Marie est né le 29 mai 1854, Marie-Anne le 13 janvier 1860, les deux à Plouëc.

    Ils unissent leurs destinées le 22 octobre 1882, toujours à Plouëc.

     

    En vingt ans, de 1883 à 1903, Marie-Anne va donner onze enfants à son mari :

     

    • Yves Marie (1883 -1904)
    • Marie Françoise (1885 -1965)
    • Yves Marie (1886 -1962)
    • François Maria (1888 -1954)
    • Pierre Marie (1890 -1956)
    • Albertine Marie (1892 -1957) Armandine !
    • Francine Maria (1894 -    )
    • Marie Augustine (1896 - 1964)
    • Xavier Marie (1899 - 1900)
    • Marie Yvonne (1901 - 1982)
    • François Xavier Marie (1903 - 1903)

     

    C'est pourtant l'affaire de Pipi Panchot qui fait courir les habitants de Plouëc et non le bal, au grand désespoir des demoiselles LE CAER. 

    La rumeur dit qu'il ne s'est pas suicidé mais que quelqu'un l'a suicidé !

     

    Et cette rumeur enfle à un point tel que le maire se voit obligé de faire appel au parquet de Guingamp.

     

     

    Le 16 juillet, l'exhumation de Pierre LE ROUX est effectuée et une autopsie pratiquée dans le cimetière,  au bord de la tombe !

     

    La population de Plouëc, attend, en silence près du cimetière.

    Pierre Marie LE CAER et ses fils sont certainement là.

    Les résultats sont annoncés, ce n'est pas un meurtre, mais bien un suicide !

     

    (Ouest-Éclair du 14/07/1910)

     

     

     

    (Ouest-Éclair du 16/07/1910)

     

    ***************************

     Je me demande si le bal a eu lieu ! J'espère que oui !

     

     Pierre Marie LE CAER et de Marie-Anne LOZAHIC sont les sosa 26 et 27 de Ronan (branche maternelle)

    Armandine est la soeur d'Augustine, ma grand-mère.

    J'ai connu la plus jeune des soeurs, Marie-Yvonne LE CAER née en 1901.

    Elle demeurait à Pommerit-Jaudy, elle épousera Charles LE BAIL .

    Son fils Yves épousera Denise DERRIEN, la nièce de ma mère. 

     

    Marielle BATHANY-LE GOFF


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  • Deux de ses tantes sont religieuses à Kérinou,

    une autre au Guatemala,

    Sœur Clément de Jésus est sa grande sœur Marguerite    

    Barbe BILIOU est sa mère.

    Jean Louis GOURIOU, le jardinier de Kérinou, est son père.

    Né le 12 janvier 1884 au petit-Kérinou à Lambézellec

    Il est prénommé Paul Joseph Marie.

    Il est le petit dernier de la famille

    Son éducation va faire l'objet d'une très grande attention de la part de toute la famille.

    Entouré de tantes et d'une sœur enseignantes, c'est tout naturellement qu'il se destine lui aussi à cette voie.

    Il étudie au Petit-Séminaire Saint-Vincent de Pont-Croix (29).

    A la grande joie de ses membres, une nouvelle vocation religieuse va voir le jour dans la famille 

    En 1909, Paul est ordonné prêtre.

    Il sera tout d'abord surveillant ou, comme on disait alors, préfet d'études à l'école Saint-Yves de Quimper.

     

     (Etat du diocèse de Quimper - site du Diocèse) 

     

    (Ouest-Éclair du 25/09/1909)

     

    Puis vicaire dans les communes de Mellac (29) et Irvillac (29) en 1910 et 1913.

    Mobilisé en août 1914, soldat-infirmier,  il est affecté à la 11e Section d’Infirmiers à l'hôpital temporaire d'Héricourt.

     

    En 1916, il est grièvement blessé.

     

      “ Le 20 mars 1916, par son sangfroid et sa présence d’esprit, a évité un grave accident, en prévenant des camarades travaillant à côté de lui, de l’explosion imminente d’une grenade, qui se trouvait dans le paquetage d’un soldat entrant à l’hôpital. A été luimême grièvement blessé ”.

    Signé le Général D.F.S. Mauger. Gabriel Pondaven, Le livre d’or du clergé pendant la guerre (19141919), Quimper, A. de Kérangal, 1919

     

     

    (Sources :  

    Pondaven Gabriel, “Le Livre d'or du clergé pendant la guerre (1914-1919),” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon)

     

     

    Puis il est fait prisonnier.

    En mars 1919, il est enfin démobilisé.

    Sa vie, qu'il désire vouer à Dieu, va enfin pouvoir reprendre son cours.

     

    (Archives familiales de Marie-France CHARTIER)

    (Paul Gouriou, Jean-Pierre Gouriou, Marie-Yvonne Gouriou, Marguerite Gouriou - Soeur Clément - et Marie-Louise Coualan)   

     

     

    Il est nommé vicaire à Carhaix (29) en 1920, au Faou (29) en 1927.

    1936 le trouve recteur de Lababan (29) ,1941, recteur de Plovan (29) et  1957, chapelain à Kerangoff en Plouzané.

    Puis en 1959 c'est l'heure de la retraite , Paul a 75 ans. Il rentre à la maison de Keraudren située à Brest.

     Paul GOURIOU, va s'y éteindre le 27 juillet 1974, il a  90 ans !  

     

    *********************

     

    Merci à ma cousine Marie-France pour la photo.

     

     Pour consulter le Livre d'Or du clergé et des congrégations

     de Pondaven Gabriel, “Le Livre d'or du clergé pendant la guerre (1914-1919),” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon,

     

    Marielle BATHANY-LE GOFF

      

     

     


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