• - Marielle c'est déjà notre dixième voyage constate Ralg. Je tiens à te faire rencontrer à l'occasion de la lettre J de ce Challenge, un des ancêtres de Marie Anne ARZUL, ton arrière-grand-mère. Je pense que tu devines de qui je veux parler, tu cherches depuis un certain temps la date de son décès ainsi que celui de son épouse.

    Ralg connaît bien l'état de mes recherches, mieux que moi en tout cas. Moi je suis obligée d'avoir recours à un journal de recherches afin d'en suivre le fil, car j'ai tendance à papillonner de branche en branche.  

    Derrière le J, se cache le sosa 410 de Ronan, François JEZEQUEL.

    Nous allons le rejoindre sur le chemin qui mène au domicile de sa fille Anne. Il a hâte d'arriver,  il fait déjà froid en ce début du mois de novembre 1806.

    Il pense à sa fille. Il s'inquiète un peu pour sa santé. Elle était si fatiguée, il y a quinze jours. Anne attend son premier enfant, et le terme est proche.

    Le 27 janvier 1806, à Prat (22), elle a épousé un laboureur, Claude ARZUL.  

    François apprécie son gendre, pourtant il doit bien avouer qu'il n'était pas très heureux de lui donner sa fille. Non parce qu’il espérait un plus beau parti pour elle. Mais parce que c'est sa fille unique, c'est son seul enfant. La voir quitter la maison n'a pas été simple.

    Anne est en effet le seul enfant qui est venu bénir son union avec Jeanne FOULON. Et pourtant c'est pas faute d'avoir prié, enfin c'est Jeanne qui a surtout prié, lui il était trop occupé aux champs.

    Résultat, Dieu en a décidé autrement. 

    Aujourd'hui, il en en passe de devenir grand-père, il en est heureux certes, mais il connaît les risques que toutes naissances fait courir aux mères.

    Afin de chasser les idées noires de son esprit, il pense aux dernières nouvelles qu'il a entendu au marché.

    Il paraît qu'à Paris, la capitale, un grand projet a vu le jour. Un Arc de Triomphe a été commandé par l'Empereur Napoléon 1er. La première pierre vient d'être posée.

    François se demande à quoi ça peut ressembler un arc de triomphe.  

    Comme il se demande à quoi peut servir l'Université Impériale que ce même Napoléon vient de créer. 

    Il y a deux ans c'était ce fameux Code Civil.

    Il ne fait que cela l'Empereur, créer , créer, créer....et faire la guerre.

    Il est fort pour cela aussi.

    Finalement, François est content de ne pas avoir de fils. Au moins, il ne le verra pas partir à la guerre, pour ne pas revenir ou alors revenir invalide. Il en a trop vu revenir dans cet état. 

    Servir de chair à canon n'est pas l'avenir qu'il aurait souhaité pour son fils.

    Il n'en veut pas non plus pour ces petits-fils.

    Alors, il prie pour que l'enfant à naître soit une fille.

    Il arrive enfin chez son gendre et sa fille. Il entend le bébé pleurer.

    Il presse le pas, il a hâte de voir sa fille, s'assurer qu'elle a survécu.

    Il a couru jusqu'à la chambre, sa fille est rayonnante. Elle ne semble pas fatiguée.

    Elle dévore des yeux l'enfant emmailloté niché dans ses bras.

    Son regard quitte le nouveau-né et se lève vers François, son père, qui vient de franchir le pas de la porte.

    - Viens, Papa, approche, que je te présente ta petite-fille . Françoise, je te présente ton grand-père, ton "tad-kozh", qui sera aussi ton parrain. 

    François JEZEQUEL est heureux, demain il deviendra le parrain de Françoise, sa première petite-fille. Il se promet d'être le plus gentil des "tad-kozh" et le plus aimant des parrains.

    J comme jezequel(Source AD22 : Acte de naissance de Françoise ARZUL - 1806 - Prat) 

     

    J comme jezequel

    (Source AD22 : Acte de baptême de Françoise ARZUL - 1806 - Prat)  

    Après une petite-fille, Anne donnera trois petits-fils à François JEZEQUEL.

    Yves ARZUL, le sosa 102 de Ronan va naître en décembre 1807.

    Ralg et moi,remontons dans notre cabine de transport.

    -Tu as compris pour quelle raison nous ne nous sommes pas retrouvés sur le lieu de décès de François JEZEQUEL?  me dit Ralg

    -Je suppose que c'est étroitement lié à l'avancée de mes recherches, il te faut la date et le lieu pour programmer tes champignons non ? c'est la seule explication logique qui me vient à l'esprit.

    - Gagné ! Alors en avant pour la lettre K !

    *********************

    Je cherche toujours la date et le lieu de décès de François JEZEQUEL et Jeanne FOULON, son épouse.....

    François JEZEQUEL et Jeanne FOULON sont les sosas 410 et 411 de Ronan (côté maternel)  

    Claude ARZUL et Anne JEZEQUEL, les sosas 205 et 206. 

    (tad-kozh = grand-père en breton)

    Marielle BATHANY- LE GOFF

     


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  • Nous continuons notre périple à travers le passé.

    J'ai proposé à Ralg, pour la lettre I, de faire le point sur la situation d'Isabelle MENGUY, le sosa 179 de Ronan.

    Nous retournons donc du côté de Plouëc-du-Trieux.

    Nous sommes le 24 octobre 1812, Isabelle vient d'accoucher de son deuxième enfant. Une petite fille, Marie-Yvonne, qui sera un jour le sosa 89 de Ronan.

    Son fils aîné à deux ans, il se prénomme François.

    Sa mère, Marie-Louise PLUZUNET, a certainement officié en tant que sage-femme comme lors du premier accouchement de sa fille.  

    Son père, Jean MENGUY, se tient dans la cour, devant la maison, bien à l'écart du reste de la famille. François, son petit-fils a ordre de rester sagement près de lui.

    Et y'a plutôt intérêt d'obéir au Pépé Jean, car il a la main leste et lourde. Ses enfants, et il en a eu au moins sept, peuvent en témoigner.

    La famille MENGUY est une famille pauvre, une famille indigente peut-être, mais une famille qui élèvent ses enfants selon certains principes.

    Jean MENGUY, n'est pas content, mais pas content du tout et cela se voit. Il n'apprécie pas du tout la conduite de sa fille Isabelle. Isabelle, sa si jolie petite fille, sa préférée...... 

    Isabelle, la prunelle de ses yeux, vient d'accoucher de son deuxième enfant. Isabelle n'est pas mariée. Ses enfants n'ont pas de père. Enfin si ! bien sur ! il doit bien exister le père !  mais qui ? mystère ?

    Elle ne veut rien dire, comme pour sa première grossesse d'ailleurs !

    Jean a bien essayé de deviner qui pouvait être le géniteur mais Isabelle est futée, elle a toujours été très discrète. Le secret est bien gardé.

    Il  a interrogé ses autres enfants , mais Isabelle ne semble s'être confiée à personne.

    Jean avait pardonné le premier écart de conduite, il s'était attaché tout de suite à ce premier bébé. Il savait que la vie de cet enfant ne serait pas facile. Le statut d'enfant natureL, de bâtard, risque de lui fermer beaucoup de portes.

    Mais que cela se reproduise encore ! il n'arrive pas à le digérer.

    Si au moins il connaissait le père, il pourrait lui demander réparation. Un mariage serait peut-être possible.

    Réussir à laver le déshonneur qui vient de nouveau de frapper sa famille, c'est son vœu !  .  

    Isabelle MENGUY est née le 20 septembre 1786 à Plouëc-du-Trieux. 

    I comme Isabelle MENGUY, fille d'indigents

     (Source AD22 : acte de naissance d'Isabelle MENGUY)

    De la maison, des pleurs de nouveau-né se font entendre de plus en plus fort. Le visage de Jean, une nouvelle fois grand-père, se détend. Il ne semble plus en colère, ses yeux brillent, il est ému.  

    Il se penche vers son petit-fils :

    -Viens mon François, je crois bien que tu as un petit frère ou une petite soeur. Alors voir cela de plus près. Je sais que tu préfères une petite soeur, Pépé aussi aimerait bien une petite-fille.....

    Nous regardons le grand-père et l'enfant, main dans la main, se diriger vers le pas de la porte.

    Marie-Louise Pluzunet, la grand-mère les accueille . Heureuse de voir que son époux accepte finalement cet enfant nouveau-né comme un cadeau du ciel.

    Elle sait que très prochainement, il saura pardonner à Isabelle.

    Isabelle sera toujours la fille préférée de son père.  

    Le 19 mai 1818, Isabelle perd sa mère. Son père, accompagné de son fils Etienne, déclare le décès. Marie-Louise y est précisée indigente et Jean indigent.

     I comme Isabelle MENGUY, fille d'indigents

     (Source AD22 : acte de décès de Marie Louise PLUZUNET)

    Le 24 mars 1820, Jean MENGUY décède à 79 ans, l'acte précise qu'il est mendiant.

    Isabelle, sa fille préférée, ne s'est jamais mariée. Sa fille Marie-Yvonne épousera Jean-Marie AVEZ. Ils partagent le même statut d'enfant naturel.

    Pas facile en 1800 d'être né de père inconnu, heureusement que le futur va faire évoluer les mentalités.

    Dommage que pour certains sujets, cela n'aille pas plus vite !

     *****************

    Marie-Yvonne MENGUY et Jean-Marie AVEZ sont les sosas 88 et 89 de Ronan (côté paternel)

     

    Marielle BATHANY - LE GOFF    

     


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  • Ralg, de nouveau, me laisse choisir notre destination.

    Je vais donc en profiter pour tenter d'obtenir la confirmation du nom de famille du sosa 167 de Ronan.

    Le champignon H nous transporte dans la commune de Pluzunet (22). Nous sommes le 2 mars 1798. 

    Nous sommes en présence du père de ce sosa 167 qui est sur le point d'aller déclarer aux autorités, la naissance de sa petite fille.

    Accompagné de deux voisins qui ont accepté de témoigner, c'est fier et heureux qu'il va déclarer la naissance de son deuxième enfant. Yves HAMONAU et son épouse ont décidé de lui donner comme prénom Marguerite.

    L'agent municipal après avoir félicité le jeune papa, se prépare à rédiger l'acte.

    Je me glisse derrière lui, par dessus son épaule, j'ai une vue imprenable sur le document qui deviendra dans quelques minutes, l'acte de naissance de cette petite Marguerite.

    Bientôt, j'entends le crissement de la plume sur le papier, l'encre dégage une odeur qui me chatouille le nez. J'adore.....

    Le rédacteur s'applique à l'écriture, le silence est quasi-religieux, pourtant nous ne sommes pas dans une église, la Révolution n'a pas encore dix ans.

    Yves et ses témoins ne disent mot. Comme moi, ils observent l’apparition des mots sur le papier. Je sens de la part de ces paysans de Bretagne, un profond respect.

    Un profond respect pour le savoir et pour l'homme qui le détient. Une admiration sans bornes pour le magicien qui fait apparaître avec dextérité de si belles lettres d’alphabet.

    L'encre à peine sèche, je lis les lignes qui viennent d'être tracées, lorsque tout à coup je sursaute. Je recommence ma lecture, non j'ai bien lu. Il n'y a pas d'erreur possible.

    Je relève la tête, dévisageant un des deux témoins d'Yves. D'après l'acte que je viens de lire, ce témoin se nomme Marie GUYOMAR, elle est l'épouse de Guillaume BAHIC.

    J'en tombe par terre.....je suis ici pour tenter d'avoir une certitude sur le nom de famille de Marguerite, j'ai constaté deux versions : HAMONOU ou HAMONAU. Je compte ne retenir pour Marguerite que le nom inscrit sur son acte de naissance. Et au lieu de cela, je découvre que celle que je croyais être la mère de Marguerite, n'est que le témoin !

    Je vais relire une troisième fois l'acte, pour découvrir que la mère de Marguerite est Marie MERRIEN et non Marie GUYOMAR.        

    H comme HAMONOU ou HAMONAU Marguerite

     

    (Source AD22 : Acte de naissance de Marguerite HAMONAU)   

    Je comprends aujourd'hui pourquoi je ne trouve pas l'acte de mariage des parents et ce n'est pas faute d'avoir écumé les registres de Pluzunet mis à disposition sur le site des Archives Départementales des Côtes d'Armor.

    Ralg interrompt ma réflexion :

    - Marielle, j'ai du mal à m'expliquer cette erreur de filiation. Tu avais bien l'acte de mariage de Marguerite et Yves LE DROUMAGUET. Tu connaissais l'identité des parents grâce à ce document.

    -Oui, c'est bien de cette source que j'ai obtenu le nom des parents de Marguerite. Il ne faut jamais oublier que jusqu'à présent un document est toujours élaboré par un être humain. Je pense que dans le futur on dit encore que l'erreur est humaine, non ? ....

    Je m'attends déjà à entendre Ralg me dire que le futur a trouvé la solution pour éradiquer toutes les erreurs....

    - Non Marielle, pas encore, nous progressons encore grâce à nos erreurs mais nous en faisons de moins en moins.... 

    H comme HAMONOU ou HAMONAU Marguerite

     (Source AD22 : Acte de mariage de Yves LE DROUMAGUET et de Marguerite HAMONAU)     

    En attendant, je m'explique très simplement cette erreur d'identité (ce voyage aurait bien coïncider avec le champignon I).

    Lors de son mariage, Marguerite a 28 ans, ses parents sont décédés. Depuis 1805 pour son père, elle était âgée de 7 ans. Depuis 1818 pour sa mère, elle avait 20 ans.

    Il y a fort à parier qu'elle ne connaissait pas le nom de famille de sa mère, donc l'agent municipal de Prat a demandé à la commune de Pluzunet une copie de l'acte de naissance de Marguerite pour y trouver l'information. Et par erreur c'est le nom du témoin qui a été relevé.

    C'est ce que je décide de retenir comme explication. Je vais également jeter un œil sur le nom de famille de Marguerite, après tout je suis là pour cela au départ. Je regrette l'absence de mon smartphone, une petite photo m'aurait dispensé de retourner sur le site des archives pour conserver le document.

    Le nom de famille que je vais retenir est HAMONAU, je ne tiens pas compte de la mention "de COATINIZAN", c'est le quartier de résidence des parents et pas une histoire de noblesse .........       

    Nous laissons le témoin Guillaume LEROUX signer avec solennité l'acte de naissance de cette petite Marguerite HAMONAU.

    Moi,de mon côté, je ne dois pas oublier de modifier mon arbre sur HEREDIS, de signaler l'erreur de filiation aux propriétaires des arbres en ligne sur Généanet, de reconstituer la famille de Yves HAMONAU et Marie MERRIEN. 

    Mes applications "Trello" et "Evernote" me manquent bien pour noter tout cela.  

    ****************

    Marguerite est le sosa 167 de Ronan. (côté paternel)

    Yves HAMONAU et Marie MERRIEN sont les sosas 334 et 335.  

    Marielle BATHANY- LE GOFF

     


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  • A l'occasion du septième voyage dans mon passé généalogique, Ralg me propose de choisir l'ancêtre que je désire observer.

    Il doit correspondre à la lettre G, le choix n'est pas difficile. Je travaille depuis quelques semaines à la résolution d'une sacrée épine que me pose Guillaume SAVIDAN. Je cherche à m'assurer de l'identité de ses parents.

    Ralg semble surpris de mon choix. Si j'ai choisi la personne, le lieu sera aléatoire. Je prie pour me retrouver en plein repas de famille .....et j'appuie sur le champignon.

    Et zut, j'ai trop prié !  Si je me trouve bien avec la famille , c'est dans une chapelle, celle de Trévoazan dans la commune de Prat (22).

    G comme Guillaume Savidan

     

    J'assiste aux funérailles de Guillaume. 

    Le prêtre va commencer son homélie :

    - le moment est venu, en cette liturgie, de prononcer quelques paroles sur le défunt, honorable Guillaume SAVIDAN, que nous allons bientôt porter en terre.

    Guillaume est mort en bon chrétien, comme avant lui ses parents,........ je suis tout ouïe ......et sa très chère épouse Vincente LOUTRAGE, déjà auprès de notre seigneur......

    Pendant sa maladie mortelle, il a été soutenu par ses enfants François, Pierre, Anne et Marguerite SAVIDAN ainsi que par son gendre Jean- Baptiste LE BRETON 

    Le prêtre termine son discours, bénit le corps. Les fidèles se signent et sur un dernier Amen, le curé, la famille et les amis accompagnent Guillaume jusqu'au cimetière où l'attend sa dernière demeure.    

    G comme Guillaume Savidan

    Nous sommes le 4 novembre 1768 et je ne sais toujours pas avec certitude qui sont les parents de Guillaume.

    G comme Guillaume Savidan

     

    (Source : AD22/dc 1768 Guillaume SAVIDAN - Prat)  

    Je suis bien contrariée......ce qui fait rire Ralg !

    Il est temps que je lui fasse un point. Nous nous éloignons du cimetière . Je lui explique que je cherche une confirmation :

    - Ralg, j'espère juste un détail car les arbres publiés sur Généanet proposent trois filiations différentes.

    • Yves SAVIDAN et Françoise CONGAR 
    • François SAVIDAN et Françoise LE PENNEC
    • Jean SAVIDAN et Marguerite LE CAER, pour ce dernier couple, les dates ne semblent vraiment pas correspondre.

    Maintenant, je vais donc revoir minutieusement les actes de la totalité de la famille. Je dois revenir  aux basiques et étudier de nouveau les actes à ma disposition. Je vais reconstituer toute la famille SAVIDAN c'est un travail de fourmi mais souvent ça paye !

    Voilà comment on pratique la généalogie en 2017 Ralg !

    J'ai déjà mon plan d'actions en tête....pourtant ...pourtant...J'ai l'impression que j'oublie quelque chose, ....mais quoi ? Ralg m'observe avec intérêt......et tout d'un coup, eurêka !....  Je le tiens le fameux détail que je cherche.

    Et ce n'est pas dans ce cimetière que je vais le trouver, ce détail je l'ai depuis 4 jours, depuis ma rencontre avec la lettre C.

    Depuis le C de consanguinité, depuis l'arbre que j'ai établi pour prouver le cousinage entre Jean François un des fils de Guillaume et Marie GOURIOU.

    Maintenant je sais avec certitude que les parents de Guillaume sont François SAVIDAN et Françoise LE PENNEC.

    Ralg est hilare , T'en a mis du temps pour réaliser !      

    ***********************

    Guillaume SAVIDAN est le sosa 526 de Ronan.

    François SAVIDAN et Françoise LE PENNEC sont donc ses sosas 1052 et 1053.

    Marielle BATHANY - LE GOFF

     


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  • Heureuse du détail découvert au sujet du sosa 16 de Ronan, je presse vigoureusement le champignon qui va me faire découvrir la lettre F de ce voyage alphabétique et généalogique.

    Nous nous matérialisons dans la cour d'une ferme située à Plouëc-du-Trieux (22).

    C'est une commune que je connais bien, j'y ai passé mon enfance. Nous habitions Pen-Harden, un lieu-dit à environ un kilomètre du bourg.

    Mais il me semble que la ferme devant laquelle nous débarquons se trouve beaucoup plus en campagne. J'ai un peu de mal à la situer, je n'ai pas pensé à prendre mon téléphone pour consulter le GPS. 

    J'imagine mon fils me dire " Investir dans un Iphone 6 + et ne pas l'avoir sur soi, chercher l'erreur ! " et tout à coup on me répond :

    - il aurait pas tort ! c'est Ralg, je l'avais oublié celui-là ! Je suppose que les jeunes du futur sont toujours aussi greffés à leur téléphone que ceux de 2017 !

    Vu que je ne vois que des chemins de terre, je ne sais même pas si le GPS serait opérationnel ici. Pas certaine d'avoir du réseau non plus . 

    Je décide de ne plus me laisser distraire par Ralg, mon objectif est de trouver mon F.

    Des rires d'enfants m'attirent à l'arrière de la ferme.

    Je viens d'apercevoir trois fillettes et deux garçonnets. 

    En cet après-midi d'été, le soleil brille ardemment, il fait très chaud.  

    Marie-Aline, Simone et Jeannette font la ronde en chantant. La ronde et le chant visiblement n'intéressent pas les deux garçons.

    François et Yves, se sont installés sur le talus qui sépare la courette du jardin potager que je devine plus loin.

    Ces cinq petits sont les enfants d'Henri LE GOFF et de Marie Augustine LE CAER. Les parents sont cultivateurs.

    Marie Aline  est âgée de onze ans, Simone en a neuf, Jeanne que tout le monde appelle Jeannette huit.

    Les garçons sont les deux derniers de la fratrie, François a fêté ses six ans le 11 mai dernier et Yves que tout le monde traite comme un bébé en a quatre.   

    Marie-Aline en tant qu'aînée est chargée de surveiller ses jeunes frères et soeurs.

    Si les filles se laissent commander sans trop de difficultés, il n'en est pas de même pour les deux garçons. Ses petits frères sont très turbulents, sa mère répète continuellement qu'il faut les surveiller comme le lait sur le feu.

    D'ailleurs, il est temps qu'elle abandonne la ronde pour aller vérifier ce qu'ils peuvent faire assis sur le talus.

    Yves observe avec la grande attention son grand frère. François a repéré un trou dans la pente du talus, il s'est assis juste un peu au dessus. Entre ses genoux, sortant du trou, il découvre des petites têtes d'oisillons. François glisse une brindille dans l'ouverture espérant ainsi chatouiller les petits oiseaux bien au chaud dans ce nid.

    Et cela fonctionne, pas farouches, ils se laissent même caresser la tête.

    François est fier de lui, Yves l'admire. Il est formidable son grand frère, si Papa sait dresser ses chevaux, François lui sait déjà dresser les oiseaux !

    Marie-Aline toute attendrie de les voir si sages est déjà prête à les féliciter. Quand tout d'un coup elle se fige, yeux écarquillés, elle tourne vivement les talons et se précipite à toute vitesse vers la maison.

    Les garçons ne se sont aperçus de rien.

    Dans les minutes qui suivent, Marie Augustine, en furie, se jette sur ces deux fils. Elle les empoigne vigoureusement et les dépose au centre de la courette.

    Puis, en deux temps trois mouvements, déculotte François et lui administre une fessée monumentale dont il se souviendra toute sa vie.

    Puis, pratiquement dans un état second, va chercher une bêche dans l’appentis et se met à détruire le morceau du talus abritant le fameux nid. Par la même occasion, elle tue les oisillons ainsi que la mère de ceux-ci sans état d'âme.

    Elle va également féliciter Marie-Aline, la réaction appropriée de sa fille a sauvé la vie de François.

    En effet, les oisillons de François étaient des petites vipères, la maman vipère n'aurait pas tarder à faire son apparition.

    François est en larmes, il ne comprend pas ce qu'on lui reproche. Yves non plus, mais lui, est trop heureux d'avoir échappé à la correction.

    Si je comprends la frayeur de Marie Augustine, je ne pense pas que la fessée aurait été ma réponse.

    En attendant, je ne résiste pas à aller retrouver ce petit François, toujours en pleurs. Pour le consoler, je lui dépose un baiser sur le front en lui soufflant :

    - ne pleure pas Papa, je suis là, tu n'as rien fait de mal, grand-mère a eu très peur pour toi.

    Le petit garçon se calme, il m'a peut-être entendu.

    - Papa, c'est Marielle, nous nous rencontrerons dans 29 ans, en attendant sois sage, au revoir Papa, je t'aime....

    Je remonte dans la cabine pour laisser derrière moi l'année 1935, l'année de la fameuse fessée de Papa. Il nous faisait bien rire, nous ses trois filles, avec son histoire de fessée. D'ailleurs, moi je n'ai pas souvenir d'en avoir reçu une seule. 

    Je remonte dans la cabine, en larmes, mais tellement heureuse d'avoir embrassé encore une fois mon père.

    Tiens, Ralg aussi pleure....

        

    F comme Fessée pour François

     (Source familiale : François LE GOFF (1929-2008)  

     

      **************************

       

    Henri LE GOFF et Marie Augustine LE CAER sont les sosas 12 et 13 de Ronan (côté maternel)

    François est le papy de Pen-Harden de Ronan (sosa 6).

     

    Marielle BATHANY- LE GOFF

     

     


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