• V comme vacances à Cosquérou

    Marielle a enfin trouvé un endroit tranquille pour lire. Elle s'est installée sur le perron, assise dos collé au mur, non loin de la grande fenêtre de la cuisine qui en ce début d'après midi de la mi-août est grande ouverte. 

    Maman termine la vaisselle, pendant que Papa l'essuie.

    La conversation jusque là s'était tenue en français, mais tout à coup elle passe en breton.  Marielle abandonne sa lecture, pas passionnante d'ailleurs. Ce qui se dit en breton est beaucoup plus intéressant.

    Elle ne peut pas traduire mot à mot, mais elle en comprend le sens général.

    En effet, ses parents ont toujours refusé de parler breton avec leurs enfants.

    Marielle a compris depuis belle lurette que ses parents parlent en breton lorsque qu'ils ne désirent pas que ses soeurs et elle soient au courant de quelque-chose.   

    Et en ce moment ils discutent du départ pour quelques jours de vacances dans le Finistère chez tante Marie-Jeanne à Cosquérou.

    Marielle file avertir ses soeurs, il ne faut rien dire à Papa et Maman, c'est un secret mais  les filles ne tiennent plus en place.

    Germaine et François, les parents, se posent bien des questions sur le comportement des filles, c'est comme si elles avaient des antennes pour sentir les futurs événements.  

    Dans quelques années, ils comprendront que même si on ne parle pas breton, on peut, à peu près, le comprendre.     

    Tous les ans au mois d'août (mois de vacances de Papa), nous allions passer quelques jours à Cosquérou en Telgruc.

    Nous étions hébergés dans une très ancienne maison chez ma tante Marie-Jeanne BATHANY et notre oncle Yvon LE THEO.

    Cette ferme est la propriété de la famille depuis plusieurs générations, notre mère Germaine y a été élevée.

    V comme vacances à Cosquérou

     

    Maman nous disait qu'à l'origine la maison appartenait à des religieux.

    Une tour existait également qui avait été détruite par un  arrière grand-père. Nous imaginions une tour comme celle de Barbe Bleue, celle où la soeur Anne montait voir si rien ne venait.

    V comme vacances à Cosquérou

    Au-dessus de la porte principale, on pouvait admirer une sorte de calice et un cœur à l'envers et deux noms "MEYVEZ - THOMAS"

    V comme vacances à Cosquérou

     

    ( Rémi, Lydie, Ida, Marielle et Germaine à Cosquérou)

    Ma tante Marie-Jeanne était  passionnée par son jardin et ses fleurs. Je me souviens de magnifiques dahlias et d'une multitude d'autres variétés de fleurs de toutes les couleurs.

    Maman revenait toujours avec plein de boutures à replanter. Les deux soeurs passaient des heures à parler botanique.

    Notre tante était également bonne cuisinière, pour moi elle était la reine du rôti de veau, des pommes de terres rouges et surtout du pain de Savoie.

    C'était un délice. 

    Tante Marie-Jeanne est décédée en 2009, elle avait 101 ans. 

    V comme vacances à Cosquérou

     

    ***********************

    Les séjours à Cosquérou restent pour moi mes plus beaux souvenirs d'enfance.

    A Pen-Bizien (ma maison de vacances dans les Côtes d'Armor), je tente de recréer des massifs de fleurs comme ceux de ma tante, mais je n'ai pas les doigts verts comme elle.

    Mais l'année dernière, pour la première fois, j'ai enfin vu fleurir deux dahlias. C'est peut-être un début....

     

    Marielle BATHANY-LE GOFF     


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