• Ralg, de nouveau, me laisse choisir notre destination.

    Je vais donc en profiter pour tenter d'obtenir la confirmation du nom de famille du sosa 167 de Ronan.

    Le champignon H nous transporte dans la commune de Pluzunet (22). Nous sommes le 2 mars 1798. 

    Nous sommes en présence du père de ce sosa 167 qui est sur le point d'aller déclarer aux autorités, la naissance de sa petite fille.

    Accompagné de deux voisins qui ont accepté de témoigner, c'est fier et heureux qu'il va déclarer la naissance de son deuxième enfant. Yves HAMONAU et son épouse ont décidé de lui donner comme prénom Marguerite.

    L'agent municipal après avoir félicité le jeune papa, se prépare à rédiger l'acte.

    Je me glisse derrière lui, par dessus son épaule, j'ai une vue imprenable sur le document qui deviendra dans quelques minutes, l'acte de naissance de cette petite Marguerite.

    Bientôt, j'entends le crissement de la plume sur le papier, l'encre dégage une odeur qui me chatouille le nez. J'adore.....

    Le rédacteur s'applique à l'écriture, le silence est quasi-religieux, pourtant nous ne sommes pas dans une église, la Révolution n'a pas encore dix ans.

    Yves et ses témoins ne disent mot. Comme moi, ils observent l’apparition des mots sur le papier. Je sens de la part de ces paysans de Bretagne, un profond respect.

    Un profond respect pour le savoir et pour l'homme qui le détient. Une admiration sans bornes pour le magicien qui fait apparaître avec dextérité de si belles lettres d’alphabet.

    L'encre à peine sèche, je lis les lignes qui viennent d'être tracées, lorsque tout à coup je sursaute. Je recommence ma lecture, non j'ai bien lu. Il n'y a pas d'erreur possible.

    Je relève la tête, dévisageant un des deux témoins d'Yves. D'après l'acte que je viens de lire, ce témoin se nomme Marie GUYOMAR, elle est l'épouse de Guillaume BAHIC.

    J'en tombe par terre.....je suis ici pour tenter d'avoir une certitude sur le nom de famille de Marguerite, j'ai constaté deux versions : HAMONOU ou HAMONAU. Je compte ne retenir pour Marguerite que le nom inscrit sur son acte de naissance. Et au lieu de cela, je découvre que celle que je croyais être la mère de Marguerite, n'est que le témoin !

    Je vais relire une troisième fois l'acte, pour découvrir que la mère de Marguerite est Marie MERRIEN et non Marie GUYOMAR.        

    H comme HAMONOU ou HAMONAU Marguerite

     

    (Source AD22 : Acte de naissance de Marguerite HAMONAU)   

    Je comprends aujourd'hui pourquoi je ne trouve pas l'acte de mariage des parents et ce n'est pas faute d'avoir écumé les registres de Pluzunet mis à disposition sur le site des Archives Départementales des Côtes d'Armor.

    Ralg interrompt ma réflexion :

    - Marielle, j'ai du mal à m'expliquer cette erreur de filiation. Tu avais bien l'acte de mariage de Marguerite et Yves LE DROUMAGUET. Tu connaissais l'identité des parents grâce à ce document.

    -Oui, c'est bien de cette source que j'ai obtenu le nom des parents de Marguerite. Il ne faut jamais oublier que jusqu'à présent un document est toujours élaboré par un être humain. Je pense que dans le futur on dit encore que l'erreur est humaine, non ? ....

    Je m'attends déjà à entendre Ralg me dire que le futur a trouvé la solution pour éradiquer toutes les erreurs....

    - Non Marielle, pas encore, nous progressons encore grâce à nos erreurs mais nous en faisons de moins en moins.... 

    H comme HAMONOU ou HAMONAU Marguerite

     (Source AD22 : Acte de mariage de Yves LE DROUMAGUET et de Marguerite HAMONAU)     

    En attendant, je m'explique très simplement cette erreur d'identité (ce voyage aurait bien coïncider avec le champignon I).

    Lors de son mariage, Marguerite a 28 ans, ses parents sont décédés. Depuis 1805 pour son père, elle était âgée de 7 ans. Depuis 1818 pour sa mère, elle avait 20 ans.

    Il y a fort à parier qu'elle ne connaissait pas le nom de famille de sa mère, donc l'agent municipal de Prat a demandé à la commune de Pluzunet une copie de l'acte de naissance de Marguerite pour y trouver l'information. Et par erreur c'est le nom du témoin qui a été relevé.

    C'est ce que je décide de retenir comme explication. Je vais également jeter un œil sur le nom de famille de Marguerite, après tout je suis là pour cela au départ. Je regrette l'absence de mon smartphone, une petite photo m'aurait dispensé de retourner sur le site des archives pour conserver le document.

    Le nom de famille que je vais retenir est HAMONAU, je ne tiens pas compte de la mention "de COATINIZAN", c'est le quartier de résidence des parents et pas une histoire de noblesse .........       

    Nous laissons le témoin Guillaume LEROUX signer avec solennité l'acte de naissance de cette petite Marguerite HAMONAU.

    Moi,de mon côté, je ne dois pas oublier de modifier mon arbre sur HEREDIS, de signaler l'erreur de filiation aux propriétaires des arbres en ligne sur Généanet, de reconstituer la famille de Yves HAMONAU et Marie MERRIEN. 

    Mes applications "Trello" et "Evernote" me manquent bien pour noter tout cela.  

    ****************

    Marguerite est le sosa 167 de Ronan. (côté paternel)

    Yves HAMONAU et Marie MERRIEN sont les sosas 334 et 335.  

    Marielle BATHANY- LE GOFF

     


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  • A l'occasion du septième voyage dans mon passé généalogique, Ralg me propose de choisir l'ancêtre que je désire observer.

    Il doit correspondre à la lettre G, le choix n'est pas difficile. Je travaille depuis quelques semaines à la résolution d'une sacrée épine que me pose Guillaume SAVIDAN. Je cherche à m'assurer de l'identité de ses parents.

    Ralg semble surpris de mon choix. Si j'ai choisi la personne, le lieu sera aléatoire. Je prie pour me retrouver en plein repas de famille .....et j'appuie sur le champignon.

    Et zut, j'ai trop prié !  Si je me trouve bien avec la famille , c'est dans une chapelle, celle de Trévoazan dans la commune de Prat (22).

    G comme Guillaume Savidan

     

    J'assiste aux funérailles de Guillaume. 

    Le prêtre va commencer son homélie :

    - le moment est venu, en cette liturgie, de prononcer quelques paroles sur le défunt, honorable Guillaume SAVIDAN, que nous allons bientôt porter en terre.

    Guillaume est mort en bon chrétien, comme avant lui ses parents,........ je suis tout ouïe ......et sa très chère épouse Vincente LOUTRAGE, déjà auprès de notre seigneur......

    Pendant sa maladie mortelle, il a été soutenu par ses enfants François, Pierre, Anne et Marguerite SAVIDAN ainsi que par son gendre Jean- Baptiste LE BRETON 

    Le prêtre termine son discours, bénit le corps. Les fidèles se signent et sur un dernier Amen, le curé, la famille et les amis accompagnent Guillaume jusqu'au cimetière où l'attend sa dernière demeure.    

    G comme Guillaume Savidan

    Nous sommes le 4 novembre 1768 et je ne sais toujours pas avec certitude qui sont les parents de Guillaume.

    G comme Guillaume Savidan

     

    (Source : AD22/dc 1768 Guillaume SAVIDAN - Prat)  

    Je suis bien contrariée......ce qui fait rire Ralg !

    Il est temps que je lui fasse un point. Nous nous éloignons du cimetière . Je lui explique que je cherche une confirmation :

    - Ralg, j'espère juste un détail car les arbres publiés sur Généanet proposent trois filiations différentes.

    • Yves SAVIDAN et Françoise CONGAR 
    • François SAVIDAN et Françoise LE PENNEC
    • Jean SAVIDAN et Marguerite LE CAER, pour ce dernier couple, les dates ne semblent vraiment pas correspondre.

    Maintenant, je vais donc revoir minutieusement les actes de la totalité de la famille. Je dois revenir  aux basiques et étudier de nouveau les actes à ma disposition. Je vais reconstituer toute la famille SAVIDAN c'est un travail de fourmi mais souvent ça paye !

    Voilà comment on pratique la généalogie en 2017 Ralg !

    J'ai déjà mon plan d'actions en tête....pourtant ...pourtant...J'ai l'impression que j'oublie quelque chose, ....mais quoi ? Ralg m'observe avec intérêt......et tout d'un coup, eurêka !....  Je le tiens le fameux détail que je cherche.

    Et ce n'est pas dans ce cimetière que je vais le trouver, ce détail je l'ai depuis 4 jours, depuis ma rencontre avec la lettre C.

    Depuis le C de consanguinité, depuis l'arbre que j'ai établi pour prouver le cousinage entre Jean François un des fils de Guillaume et Marie GOURIOU.

    Maintenant je sais avec certitude que les parents de Guillaume sont François SAVIDAN et Françoise LE PENNEC.

    Ralg est hilare , T'en a mis du temps pour réaliser !      

    ***********************

    Guillaume SAVIDAN est le sosa 526 de Ronan.

    François SAVIDAN et Françoise LE PENNEC sont donc ses sosas 1052 et 1053.

    Marielle BATHANY - LE GOFF

     


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  • Heureuse du détail découvert au sujet du sosa 16 de Ronan, je presse vigoureusement le champignon qui va me faire découvrir la lettre F de ce voyage alphabétique et généalogique.

    Nous nous matérialisons dans la cour d'une ferme située à Plouëc-du-Trieux (22).

    C'est une commune que je connais bien, j'y ai passé mon enfance. Nous habitions Pen-Harden, un lieu-dit à environ un kilomètre du bourg.

    Mais il me semble que la ferme devant laquelle nous débarquons se trouve beaucoup plus en campagne. J'ai un peu de mal à la situer, je n'ai pas pensé à prendre mon téléphone pour consulter le GPS. 

    J'imagine mon fils me dire " Investir dans un Iphone 6 + et ne pas l'avoir sur soi, chercher l'erreur ! " et tout à coup on me répond :

    - il aurait pas tort ! c'est Ralg, je l'avais oublié celui-là ! Je suppose que les jeunes du futur sont toujours aussi greffés à leur téléphone que ceux de 2017 !

    Vu que je ne vois que des chemins de terre, je ne sais même pas si le GPS serait opérationnel ici. Pas certaine d'avoir du réseau non plus . 

    Je décide de ne plus me laisser distraire par Ralg, mon objectif est de trouver mon F.

    Des rires d'enfants m'attirent à l'arrière de la ferme.

    Je viens d'apercevoir trois fillettes et deux garçonnets. 

    En cet après-midi d'été, le soleil brille ardemment, il fait très chaud.  

    Marie-Aline, Simone et Jeannette font la ronde en chantant. La ronde et le chant visiblement n'intéressent pas les deux garçons.

    François et Yves, se sont installés sur le talus qui sépare la courette du jardin potager que je devine plus loin.

    Ces cinq petits sont les enfants d'Henri LE GOFF et de Marie Augustine LE CAER. Les parents sont cultivateurs.

    Marie Aline  est âgée de onze ans, Simone en a neuf, Jeanne que tout le monde appelle Jeannette huit.

    Les garçons sont les deux derniers de la fratrie, François a fêté ses six ans le 11 mai dernier et Yves que tout le monde traite comme un bébé en a quatre.   

    Marie-Aline en tant qu'aînée est chargée de surveiller ses jeunes frères et soeurs.

    Si les filles se laissent commander sans trop de difficultés, il n'en est pas de même pour les deux garçons. Ses petits frères sont très turbulents, sa mère répète continuellement qu'il faut les surveiller comme le lait sur le feu.

    D'ailleurs, il est temps qu'elle abandonne la ronde pour aller vérifier ce qu'ils peuvent faire assis sur le talus.

    Yves observe avec la grande attention son grand frère. François a repéré un trou dans la pente du talus, il s'est assis juste un peu au dessus. Entre ses genoux, sortant du trou, il découvre des petites têtes d'oisillons. François glisse une brindille dans l'ouverture espérant ainsi chatouiller les petits oiseaux bien au chaud dans ce nid.

    Et cela fonctionne, pas farouches, ils se laissent même caresser la tête.

    François est fier de lui, Yves l'admire. Il est formidable son grand frère, si Papa sait dresser ses chevaux, François lui sait déjà dresser les oiseaux !

    Marie-Aline toute attendrie de les voir si sages est déjà prête à les féliciter. Quand tout d'un coup elle se fige, yeux écarquillés, elle tourne vivement les talons et se précipite à toute vitesse vers la maison.

    Les garçons ne se sont aperçus de rien.

    Dans les minutes qui suivent, Marie Augustine, en furie, se jette sur ces deux fils. Elle les empoigne vigoureusement et les dépose au centre de la courette.

    Puis, en deux temps trois mouvements, déculotte François et lui administre une fessée monumentale dont il se souviendra toute sa vie.

    Puis, pratiquement dans un état second, va chercher une bêche dans l’appentis et se met à détruire le morceau du talus abritant le fameux nid. Par la même occasion, elle tue les oisillons ainsi que la mère de ceux-ci sans état d'âme.

    Elle va également féliciter Marie-Aline, la réaction appropriée de sa fille a sauvé la vie de François.

    En effet, les oisillons de François étaient des petites vipères, la maman vipère n'aurait pas tarder à faire son apparition.

    François est en larmes, il ne comprend pas ce qu'on lui reproche. Yves non plus, mais lui, est trop heureux d'avoir échappé à la correction.

    Si je comprends la frayeur de Marie Augustine, je ne pense pas que la fessée aurait été ma réponse.

    En attendant, je ne résiste pas à aller retrouver ce petit François, toujours en pleurs. Pour le consoler, je lui dépose un baiser sur le front en lui soufflant :

    - ne pleure pas Papa, je suis là, tu n'as rien fait de mal, grand-mère a eu très peur pour toi.

    Le petit garçon se calme, il m'a peut-être entendu.

    - Papa, c'est Marielle, nous nous rencontrerons dans 29 ans, en attendant sois sage, au revoir Papa, je t'aime....

    Je remonte dans la cabine pour laisser derrière moi l'année 1935, l'année de la fameuse fessée de Papa. Il nous faisait bien rire, nous ses trois filles, avec son histoire de fessée. D'ailleurs, moi je n'ai pas souvenir d'en avoir reçu une seule. 

    Je remonte dans la cabine, en larmes, mais tellement heureuse d'avoir embrassé encore une fois mon père.

    Tiens, Ralg aussi pleure....

        

    F comme Fessée pour François

     (Source familiale : François LE GOFF (1929-2008)  

     

      **************************

       

    Henri LE GOFF et Marie Augustine LE CAER sont les sosas 12 et 13 de Ronan (côté maternel)

    François est le papy de Pen-Harden de Ronan (sosa 6).

     

    Marielle BATHANY- LE GOFF

     

     


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  • La cabine vient tout juste de se poser que déjà j'ouvre la porte.

    Cette ouverture coïncide avec ce que je prends pour une énorme explosion.

    Un monstrueux nuage de poussière recouvre puis envahit notre engin de transport.

    Marielle, Marielle, tu n'as rien ? s’inquiète Ralg

    Je me relève, par réflexe j'ai plongé au ras du sol. 

    Ralg, lui, est resté imperturbable, excuse-moi, je n'ai pas pensé à te prévenir. Je n'ai pas pensé qu'hélas dans ton monde vous vivez avec la crainte des attentats terroristes. Je suis désolé .

    Le nuage se dissipe, nous nous retrouvons au centre de la commune de Ploëzal (22), une partie de l'église vient de s'écrouler.

    Toute la population de la commune se précipite vers l'édifice, dégageant déjà les pierres afin de s'assurer que personne ne se trouve dessous.

    E comme Écroulement d'église

     (Source : Journal L'intransigeant du 6 avril 1902 Généanet) 

    Pas de mort, pas de blessé,  Yves-Marie GALLOU, le maire est rassuré. L'église était déserte. Il se reproche tout de même de ne pas en avoir interdit l’accès plus tôt. L'édifice fragilisé menaçait ruine depuis quelques temps. Yves-Marie réalise qu'il a frôlé la catastrophe.

    Il sait que la mesure de fermeture aurait été contestée par plusieurs de ses administrés. 

    D'ailleurs, un de ceux qu'il nomme "pilier de l'église" se dirige d'un pas décidé vers lui.

    Il s'agit de François Marie LE GOFF, l'aubergiste. Sa famille est bien connue à Ploëzal. Son grand-père François a été maire de la commune pendant plus de quarante ans.

    - Que compte-tu faire Yves-Marie ? On ne peut pas rester sans église ? J'ai un enfant à naître dans quelques semaines, il faudra bien le faire baptiser ? Et les enterrements ? Les mariages ? Tu es le maire, ton devoir est de trouver une solution.

    Intéressée par la tournure de la conversation, la foule fait bloc autour de l'aubergiste. Yves Marie se sent bien seul. La première chose à faire c'est de ménager tout ce joli monde. Il prend la parole :

    - Je vous propose une réunion extraordinaire à la mairie dès demain soir, en attendant je dois prévenir les autorités. Une solution sera trouvée pour les cérémonies et fêtes religieuses. Nous ne manquons pas de chapelles sur la commune.

    - Nous serons tous à la mairie demain soir ! lui répond François Marie LE GOFF

     Visiblement, les paroles du maire ont fait mouche.

    François Marie retourne à l'auberge, il va pouvoir rassurer son épouse.

    Marie LE BERRE est la deuxième épouse de François Marie.

    Ils se sont mariés le 18 avril 1900 à Ploëzal.

    Le 5 mai 1902, Marie mettra au monde une petite fille qu'ils prénommeront Marie Augustine.

    E comme Écroulement d'église

    (source : AD22 acte de naissance de Marie Augustine LE GOFF) 

    Deux ans plus tard, un petit garçon, Louis viendra compléter la famille et deviendra un jour pour Ronan son "pépé de Ploëzal".

    Je suis heureuse d'avoir découvert grâce à ce voyage que François Marie LE GOFF était en 1902 , aubergiste. Et me demande ce qui m'attend demain avec le F.     

     ******************

    François Marie LE GOFF et Marie LE BERRE sont les sosas 16 et 17 de Ronan. (côté paternel) 

    Pépé Louis était le sosa 8.

     Marielle BATHANY - LE GOFF


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  • Nous remontons dans notre engin.

    La lettre D va nous conduire en été 1720, dans la commune de Quemperven (22).

    Je suis étonnée d'y voir autant de monde. Pourtant ce n'est pas jour de marché ni jour de fête.

    Ralg me signale quelques personnes, ce sont des gens de ma famille qui demeurent à Langoat, une commune voisine. 

    Je me demande ce qu'elles peuvent faire là, visiblement elles attendent, le regard braqué vers un attelage stationné devant une maison.   

    Je vais me rapprocher afin de connaître la raison de cette attente.

    Je comprends vite qu'en cette fin de juillet 1720, toute la région est en émoi.

    Pierre LE COZANNET et Isabeau, sa soeur viennent de perdre leur frère Maudez-René.

    La notoriété de ce saint homme est telle dans la région que de nombreuses familles sont en pleurs, et celles de Langoat plus encore.

    Dom Maudez-René LE COZANNET est né le 8 décembre 1666 à Langoat, il sera baptisé dès le lendemain comme cela se fait habituellement.

    Pourtant déjà, son baptême marque les esprits car le parrain et la marraine ne sont pas n'importe qui.  

    Il a pour parrain l'Escuyer Maudez François de la Villéon du Boisfeillet, fils aîné du seigneur du Launay-Meur en Langoat,et pour marraine la mère de ce dernier dame Renée de Trolong , dame du Launay-Meur de la Touche.

    Maudez-René est un des 5 enfants de Yves LE COZANNET et de Françoise BODIOU, honorable homme et honorable dame.

    Très tôt, Maudez va se démarquer de ces frères et soeur et c'est avec joie que sa mère le verra entrer dans les ordres.

    Le 16 mai 1693 il est ordonné prêtre.

    Il se consacre entièrement aux pauvres et aux malades de sa paroisse de Quemperven (22).

    La maladie a raison du saint homme en ce 25 juillet 1720, en début de matinée il s'est éteint doucement sans faire de bruit.

    Sa famille, prévenue de la détérioration de sa santé vient d'arriver.  

    Une grande partie de la population de Langoat a fait le déplacement.

    Pierre LE COZANNET, en tant que chef de famille, désire ramener le corps de son frère à Langoat et l'y faire inhumer.

    La population de Langoat le soutient dans cette démarche.

    La dernière demeure du saint homme ne peut être que Langoat, son pays natal.

    Pierre pénètre dans la chambre où repose son jeune frère.

    Ralg et moi le suivons.

    L'heure est grave. L'air est pesant. Tout le monde est sur le qui-vive. 

    Les amis de son frère ne relèvent même pas la tête à son arrivée. Ils poursuivent leurs prières.

    Après s'être recueilli et avoir embrassé la dépouille mortelle de son frère, Pierre s'adresse à eux.

    - Vous connaissez mon intention, je ne vous l'ai jamais cachée. Ma famille et moi désirons faire enterrer notre frère à Langoat, berceau natal des LE COZANNET.

    Le silence se prolonge, puis le plus âgé des hommes, abandonnant à regret sa prière, relève la tête.

    - Je sais qui tu es Pierre LE COZANNET, je respecte le vœu de ta famille mais je dois faire respecter en premier lieu le vœu de mon ami, couché dans ce lit et qui s'apprête pour le plus grand et le plus beau de ses voyages .

    - Vivant, mon frère appartenait à l'Eglise lui répond Pierre, il a consacré sa vie à la cause de Dieu. Aujourd'hui qu'il n'est plus, son corps appartient à sa famille, une sépulture l'attend près de ses père et mère.

    - Pierre, je connaissais le grand respect de mon ami Maudez pour son père et l'amour inconditionnel qu'il portait à celle qui lui a donné le jour répondit l'homme

    - Alors, lui rétorqua Pierre, tu admets que notre demande est légitime ?

    - C'est vrai, constata l'homme, légitime, elle l'est. Mais il a souhaité par testament être inhumé dans le cimetière près de la croix. Par respect pour tes parents défunts, je vais accéder à ta demande, et je vais prier afin que Dom Maudez, mon ami, me pardonne.....Amen

    D comme Dom Maudez-René LE COZANNET

    - Pierre est soulagé, merci, nous emporterons le corps dès la fin des prières.

    Avec respect et ferveur, le cercueil du prêtre mort en odeur de sainteté est bientôt placé sur l'attelage.

    La totalité de la population de Quemperven s'est rassemblée pour un dernier adieu silencieux. Des regards mauvais sont lancés en direction des nombreux habitants de Langoat qui ont fait le déplacement.

    Pierre donne le signal du départ.

    Très lentement, le cortège traverse une grande partie du bourg, dépasse l'église, la moitié du cimetière. Puis, tout à coup, le cortège s'immobilise, le cheval refuse d'avancer. Et rien n'y fera !

    Au bout d'une heure d'efforts pour rien, il faut se rendre à l'évidence. Le cortège n'atteindra jamais Langoat. 

    L'assemblée réalise alors que le cortège s'est immobilisé au niveau de la croix du cimetière. Les femmes se signent, les hommes tombent à genoux.

    Missire Dom Maudez- René LE COZANNET, vient d'imposer à tous sa volonté.

    Son cercueil est déchargé de la charrette puis est enterré près de la Croix. 

    Afin de reprendre notre voyage, nous laissons les habitants de ces deux communes à leurs prières. J'espère en revoir certains à l'occasion de mon escapade à travers le temps.  

     

    ***********************

    Je fais actuellement des recherches afin de savoir si le saint homme de Quemperven a un lien avec la famille de Ronan.

    Source Gallica :   Dom Maudez-René LE COZANNET

    Marielle BATHANY-LE GOFF

     

          

     


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